Sarcelles : le rabbin veut du casher à l’hôpital
Écrit par Ilyess   
Jeudi, 08 Octobre 2009 02:38

 

Depuis plus d’un an, le directeur de l’hôpital de Gonesse doit gérer une situation délicate : il n’y a plus de repas casher pour les malades. Et le rabbin est furieux.

Pas moyen de manger casher à l’hôpital de Gonesse. Depuis plus d’un an, le rabbin Berros de Sarcelles dénonce ce « scandale pour les juifs pratiquants ». Cette situation est d’autant plus délicate qu’une des plus importantes communautés juives d’Ile-de-France vit dans ce secteur. La direction de l’hôpital, qui estime la demande légitime, chercherait une solution.

En attendant, cette absence de repas casher provoquerait de graves problèmes au sein de l’établissement, selon le rabbin. « Des jeunes mamans qui ont eu des césariennes sortent pour se nourrir, et des personnes âgées refusent de manger, assure-t-il. Pourtant, la laïcité, c’est respecter les coutumes de chacun ! »
A l’hôpital de Gonesse, on se défend « de toute position dogmatique ». C’est juste que l’entreprise qui livrait les repas casher n’a pas renouvelé son contrat avec l’hôpital.

« On nous interdit aussi d’apporter des barquettes sous vide »

« Nous sommes respectueux de toutes les cultures religieuses de nos patients, explique Jean-Pierre Burnier, le directeur. Par exemple, nous ne mettons jamais de porc dans les repas des entrants (NDLR : ceux qui viennent d’être hospitalisés) pour respecter les coutumes des musulmans. » En attendant, un appel d’offres va être lancé pour trouver une entreprise qui livrerait tous les hôpitaux de la région en produits casher. Mais cette procédure peut prendre encore plusieurs mois.

« En attendant, on ne peut pas non plus amener des repas, s’insurge le rabbin. L’hôpital a même refusé que l’aumônerie israélite s’en occupe. Et on nous interdit aussi d’apporter des barquettes sous vide. »

Là aussi, le directeur ne transige pas. « C’est la santé des patients qui est en jeu, rappelle-t-il. Je refuse catégoriquement des filières clandestines qui permettraient de faire entrer de la nourriture sans autorisation. Certains patients ont des régimes particuliers, il y a le respect de la chaîne de froid, on ne peut pas prendre de risques avec ces choses-là. » Dernier élément mis en avant par l’hôpital de Gonesse : « Il y a seulement entre trois et cinq demandes de repas casher par jour, sur une moyenne d’environ 900 malades. »

« Sur un secteur de près de 300 000 habitants, nous devons respecter toutes les religions de manière égale : les hindous, les musulmans, les catholiques, les juifs… » conclut le directeur de l’hôpital. Même si le sujet est sensible, tout le monde s’accorde sur la nécessité de livrer des repas casher. « C’est le type de demande communautaire qui ne me choque pas du tout, analyse de son côté, Rachid Adda, conseiller régional (MRC). Cela n’a rien à voir avec l’histoire de la piscine (NDLR : polémique autour d’un créneau horaire réservé à une association de femmes loubavitch à Sarcelles) . Ici, c’est le respect de la conscience de chacun qui est en cause… »

Pour autant, d’autres croyants d’obédience israélite temporisent : « Respecter les coutumes religieuses, c’est bien, mais à condition de ne pas mettre sa santé en jeu. »

(Le Parisien - Marie Poussel | 06.10.2009)
 

 

 

Commentaires  

 
+2 #4 naqba 2010-06-13 14:10 Si cette histoire avait été le fait d'un imam Musulman,ça aurait fait la une de 20H,en disant que nous sommes dans un pays laïque et patati et patta.Aucun homme politique "laïque"n'a été outré que des rabbins ont ordonnés que des immeuble dans le 19éme ont une clé spécial "cacher"que le maire de Paris donne 1 millions d'euros à une crèche juive ou les enfants non-juifs sont interdits.Personne n'a parler de cette affaire.Comme toujours 2 poids,2 mesures.Quand un juif est tué ça devient un acte "antisémite"par contre quand c'est un Arabe qui est tué par des juifs,ce ne sont que des voyous et ou même le rabbin de Paris reproche à la victime son"antisémitisme"il faut le faire,quel culot.Ils pensent que tout leur est permis Citer
 
 
+8 #3 LIMA 2009-10-08 15:41 entendra-t-on un jour parler de cette communauté juive qui réclamera à l'entrée des chambre d'hopital des mezzouza ?
le directeur de l'hopital est resté clairvoyant en disant que toute communauté doit être entendu et satisfaite de manière égale.
je reviens à mon interrogation sur la mezzouza… c'est un signe religieux non ? alors pourquoi certains cabinets d'avocats où les associés, certainement, sont juifs mettent une mezouza à l'entrée de leur porte de bureau ?
faites un tour chez Maître Martine Bennahim rue simon le Franc, paris 4ème, et … moi, perso, çà me choque… c'est un cabinet de droit français, et pas un cabinet de droit étranger ou communautaire et pourtant à l'entrée du Cabinet, et de chaque pièce, il y a une mezzouza
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+11 #2 Hanafiy 2009-10-08 13:50 Cette histoire ne fait pas de remue-ménage chez nos journalistes et politiques avides de "clichés communautaires".

Pourtant nos journaleux national nous on déjà brandi la polémique sur les "cantines hallal" alors que c'est faux, pourtant dans certaines écoles de région parisienne, les musulmans sont majoritaires et bien loin des 3 à 5 repas casher par jour sur 900 réclamés par les patients juifs !!!

2 poids, 2 mesures dans les établissements publics ?? Laïcité à 2 vitesses ??
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+5 #1 Farid 2009-10-08 09:22 « C’est le type de demande communautaire qui ne me choque pas du tout, analyse de son côté, Rachid Adda, conseiller régional (MRC). Cela n’a rien à voir avec l’histoire de la piscine (NDLR : polémique autour d’un créneau horaire réservé à une association de femmes loubavitch à Sarcelles) . Ici, c’est le respect de la conscience de chacun qui est en cause… »
Personnellement , j'ai du mal à voir une différence entre ces deux cas.
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