Said Bourarach: un silence pesant
Écrit par Ilyess   
Mardi, 06 Juillet 2010 19:21

Said Bourarach, est mort suite à une altercation avec quatre individus d'origine juive. La communauté musulmane qui s'exprime sur les réseaux de la toile dénonce un silence pesant de la part des médias et des politiques. Le slogan "deux poids deux mesures" s'inscrit à tout va et une comparaison morbide se fait avec le suivi politico-médiatique de la mort d'Illan Halimi.

Said Bourarach, 35 ans, père d'un petit garçon de trois ans est mort, à Bobigny le second jour de la paque juive. Aprés une violente altercation qui aurait tourné à l'agression de la part de quatre individus d'origine juive. Oui, ils étaient d'origine juive, car tout juif même athée ce soir là se souvient que es hébreux sont passés de statut de tribus à peuple avec la sortie d'Egypte et la remise d'une loi qui les unit et les fédère. Celui qui ce soir là ne se rappelle pas, n'appartient plus à ce peuple volontairement, il se met en retrait. croyant, pas croyant, pratiquant, pas pratiquant, juif de "kippour" ou mangeur de jambon, le juif qui veut encore marquer son appartenance, ce soir là, il raconte à ses enfants :

"Nous étions esclaves en Egypte et tu te rappeleras et chaque génération se souviendra ce que signifie être un étranger en exil"

Cette phrase interdit tout racisme vis à vis de l'étranger, toute exclusion et tout acte de barbarie envers celui qui est comme les Hébreux, étranger en exil. Faut-il encore vouloir se souvenir et s'inscrire dans cette filiation.

Ce 31 mars 2010 des individus qui sont en rupture volontaire avec leur Histoire et celle des leurs décident, à 19h pour faire leurs courses dans magasin de bricolage à Bobigny.

Trop tard, on ferme. Le vigile, Said Bourarach, interdit l'accès du magasin. Les quatre individus se muent en voyous et reviennet avec barre de fer et outils, agressent, tabassent et... que se passe-t-il Said saute t-il pour se sauver de ses assaillants, est-il volontairement poussé... il meurt noyé.

Les suspects sont arrêtés, mis en examen "pour violences ayant entrainé la mort sans avoir eu l'intention de la donner", certains sont remis en liberté en attendant le procès.

Là commence débats et interrogations est-ce des voyous juifs certes mais qui auraient tabassé n'importe qui pour faire prévaloir leur force? ou est ce un crime purement raciste sur le thème qui pourrait être :  "c'est un arabe on peut se lacher"?

Selon l'enquête du journal Libération du 24/06/2010, les individus mis en examen sont connus des services de police du 93  comme voyous et l'enquête présente notamment l'un d'entre eux comme odieusement raciste. Caroline fourest (Le monde 28 mai 2010) veut en faire une banale affaire de société. La communauté musulmane elle exprime critiques, colères quant à une volonté de banalisation d'un crime qui pour elle ne fait aucun doute est raciste. La comparaison avec l'affaire Illan halimi est soulignée y compris par des élus.

Pour avoir personnellement entendu et pas une fois ni même dix... des propos qui relèvent d'une condamnation à l'incitation raciale, par de jeunes et moins jeunes  qui malheureusement avaient une identité juive affichée.  Ils ont oublié, ou on ne leur a jamais appris, les fondements les plus indiscutables du judaïsme. On ne peut sans doute pas renvoyer  la mort de ce père de famille à un acte de simple voyouterie.

C'est vrai que le silence sur la mort de Said Bourarach de certaines émissions consacrées à la violence même sans connotations racistes dérange. Il est vrai que lors de réunions ou de rassemblements qui veulent combattre les préjugés racistes, l'exclusion tous les participants ignorent et veulent ignorer la mort de Saïd Bourarach. Les Politiques ont mis un certain temps avant de se déplacer, Patrick karam, délégué interministériel à l'égalité des chances, viendra visiter la famille endeuillé  le 10 mai seulement.

On peut supposer que cette affaire embarasse medias et politiques en raison qu'elle peut mettre face à face deux  communautarismes à fleur de s'enflammer...

Il existe aussi une culpabilité ou tout  du moins une volonté de reconnaitre la culpabilité française dans l'extermination vers les chambres à gaz de 76 000 juifs, culpabilité qui a pris 50 ans avant d'être reconnu.

Il y aussi les actes anti-juifs dus au transfert du conflit du Moyen-orient et pour lesquels il y eut bienveillance. Quand un père se sent coupable à l'égard d'un de ses enfants il lui passe tous ses caprices... une mère aussi... donc aujourd'hui dénoncer la mort d'un Musulman dont des Juifs pourraient êre la cause c'est enfoncer un couteau dans la plaie.

"Deux poids deux mesures avec l'affaire Halimi?"

Non et Non. L'affaire Halimi relevait de faits qui ne se retrouvent pas dans l'affaire Bourarach. Le meurtre d'Illan Halimi est une affaire "prémiditée" en droit français cela est un facteur aggravant, de plus il y a "séquestration" autre fait aggravant, puis il y a "tortures" . Le droit est le droit, ce n'est pas forcément la justice morale et pour vous et moi, un meurtre raciste ou pas devrait être condamné, sans doute pour nos coeurs à égalité. Mais les hommes et femmes du droit nuancent, hiérarchisent, et ne donnent pas le même qualificatif, à des faits qui semblent identiques mais qui dans leur analyse à la loupe du code pénal ne le sont pas. La justice selon les accusations retenues juge les faits. Des faits différents peuvent aboutir au même drame qui n'a pas d'égalité du point de vue du droit.

Il en reste que la souffrance du fils de Said n'est pas moindre que celle des parents d'Illan.

C'est cette souffrance que le monde musulman demande à être entendu et là le silence est pesant.

Il fallait que les Bâtisseuses de Paix, entendent cette souffrance, dénoncent un trop grand silence qui ne sert ni la cause juive ni celle de l'antiracisme ni la République du "vivre ensemble".

Source : Annie-Paule Derczansky, 06/07/2010
 

 

 

Commentaires  

 
0 #2 Belaind 2012-10-09 01:47 Les Musulmans de France attendent toujours une sanction exemplaire à l'égard des meurtriers de Said. Dalil Boubaker n'a jamais daigné mentionner le calvaire de la famille du martyr franco-marocain Citer
 
 
0 #1 Pelerin 2011-08-13 03:32 Nous devrions reorganiser une grande manif Citer
 

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