Quand Mitterrand guillotinait les Algériens
Écrit par Ilyess   
Lundi, 25 Octobre 2010 00:12

SON RÔLE DURANT LA GUERRE DE LIBÉRATION, OBJET D’UN LIVRE ACCABLANT. C’est tout un mythe qui tombe : François Mitterrand, jusque-là épargné et élevé au rang d’intouchable, est rattrapé par son histoire coloniale.

Mitterrand, alors ministre de la Justice, a donné un avis défavorable à la grâce de quarante-cinq condamnés à mort algériens, au début de la guerre d’Algérie. Toute sa vie, celui qui devait devenir, en 1981, le président de l’abolition de la peine de mort, aura porté ce remord-là et aura réussi à empêcher que ces cadavres ne sortent de son placard. C’est la principale révélation contenue dans le livre de l’historien Benjamin Stora et du journaliste du Point, François Malye, François Mitterrand et la guerre d’Algérie, publié cette semaine.

Parmi les révélations contenues dans le livre, l’avis favorable donné également par Mitterrand à l’exécution du militant communiste Fernand Iveton, lequel avait déposé dans son usine une bombe qui, découverte à temps, n’explosa pas. En 2007, dans Le Point, Malye assurait ne pas connaître l’avis de Mitterrand sur le cas Iveton. “Dans la biographie de Mitterrand par Giesbert, il est dit que Mitterrand s’était opposé à l’exécution d’Iveton.” Voici quelques extraits du livre à ce sujet : “Le dossier 9456 de Fernand Iveton a disparu des archives de la chancellerie. C’est le seul condamné à mort exécuté de cette période dont il ne demeure aucune trace au ministère de la Justice.”

L’historien Jean-Luc Einaudi, auteur de l’ouvrage pionnier Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton, a raconté comment, cherchant à obtenir les documents de cette affaire, il s’est heurté dans tous les ministères concernés à un mur de silence, une conspiration administrative, “comme si le dossier Fernand Iveton devait demeurer à jamais dans ‘l’Enfer’ des procédures judiciaires. Mais, pourtant, il en reste une pièce. Celle qui figure dans les archives du Conseil supérieur de la magistrature auxquelles les auteurs de cet ouvrage ont pu accéder. Elle est bien mince — six pages — mais comporte un élément déterminant : François Mitterrand — comme la totalité des membres du CSM — s’est bien opposé à la grâce du seul Européen exécuté pendant la guerre d’Algérie, un homme qui n’avait pourtant tué personne.”

Quand le garde des Sceaux, François Mitterrand, quitte son ministère, en mai 1957, en pleine guerre d’Algérie, 45 nationalistes ont été guillotinés. François Malye et Benjamin Stora dévoilent dans un livre choc un pan obscur de la vie du président qui abolira la peine capitale en 1981. Cet ouvrage, François Mitterrand et la guerre d’Algérie (Calmann-Lévy) est l’aboutissement d’une enquête de deux ans. “Nous avons épluché minutieusement de très nombreuses archives, dont quelque 400 pages de comptes-rendus des séances du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) de l’époque, celles du ministère de la Justice ou encore de l’Office universitaire de recherches socialistes et découvert des documents inédits”, explique à l’AFP l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie.

Parmi ces nationalistes exécutés, figure Larbi Ben M’hidi que la propagande officielle française avait “suicidé”, jusqu’en 2001, lorsque le général tortionnaire Aussaresses reconnaîtra avoir exécuté l’un des pères de la Révolution algérienne. Avant lui, un autre général tortionnaire, Bigeard, avait reconnu avoir torturé Larbi Ben M’hidi. En fait, Mitterrand n’avait fait que suivre l’exemple de ses collègues, à cette époque-là. Il fallait mater la rébellion et chaque politicien ambitieux devait faire preuve de répression et de dureté afin qu’il soit bien apprécié dans son entourage.

Le mythe bâti autour de celui qui est devenu président de la République française vient de fondre comme neige au soleil. Non, Mitterrand était comme tous les autres politiciens et militaires français : il a cautionné la torture et les exécutions pour se transformer, par la suite, en abolitionniste de la peine de mort en France. Les chantres des “bienfaits du colonialisme français en Algérie” en auront pour leur compte.

Par : A. Bensouiah - de Liberte d'algerie


 

 

 

Commentaires  

 
0 #8 Enfer/paradis 2013-03-14 06:20 Miterrand et les autres tortionnaires oppresseurs kfr's algeriens, harkis, ou autres (qui ne se sont jamais préoccupés de l'au-delà) sont actuellement dans un endroit bien au chaud..mais vraiment que personne n'envie..La JUSTICE sur TERRE s'efface devant la réelle JUSTICE divine dans l'au-delà…L'Islam demeure notre Avenir.. Citer
 
 
+4 #7 Nadia Aouassi 2010-10-28 21:35 lamemejusticepourtous.unblog.fr Citer
 
 
+4 #6 claude 2010-10-28 15:22 Bonjour,
bravo pour ce livre. Les anciens militants de cette époque connaissent tout cela, mais nous n'avons jamais eu le "droit" d'en parler. Il faut aussi dire que dans les années 1950 l'immense majotité des Français étaient fiers d'appartenir au "Grand Empire humaniste" de la France et considéraient les Arabes comme étant des "sous hommes". Amicalement Claude Juin (ancien militant pour l'indépendance del 'Algérie, réseau Jeune Résistance, et auteur du "Gâchis" 1960 les EFR "dénonciation "de la torture).
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+7 #5 Levy 2010-10-25 15:30 Il y avait déja en 1956 un certain nombre de militants au courant - et à chaque fois que Mitterand a été candidat à des élections, si l'on n'était pas sourd, on pouvait le savoir et particulièremen t lors de l'élection présidentielle de 1981- ce n'est donc pas un mythe qui tombe … Citer
 
 
+6 #4 drweski 2010-10-25 13:56 Ce n'est pas une déoouverte sur le fond. Il est connu depuis la IVe République que Mitterant y a joué un grand rôle et qu'il a participé en tant que ministre à la répression meurtrière des Algériens. La question est donc de savoir pourquoi si peu de gens à gauche, y compris dans les cercles éloignés des socialistes, y compris tant de communistes pourtant victimes de la politique miterrandienne, ont préféré laisser taire ces faits connus. Et pourquoi tant de leaders algériens, arabes ou musulmans ont fait de même. Citer
 
 
+7 #3 Nadia Aouassi 2010-10-25 09:03 La guillotine n'éxiste peut-être plus en France mais nous continuons à vivre et à subir cette guerre psycologique ,qui elle marche à plein régime.
La guerre d'Algérie n'a toujours pas été digéré et on nous la fait payer trés chère !!!
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+4 #2 Justine 2010-10-25 07:36 Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi ta'alâ wa barakâtouhou,

La vérité finit toujours par remonter à la surface, au risque de paraître comme un pied de nez aux proches des victimes et aux partisans de la justice… du moins dans ce monde impitoyable.
Les coupables qui ont échappé à la justice humaine ne doivent pas vraiment jubiler à six pieds sous terre… parole d'une croyante ! Le dévoilement des scandales de l'ici-bas n'est rien en comparaison à celui du Jour de la Résurrection devant toute la création divine de son début à son extinction.

Que les victimes d'une injustice qui ont désormais rejoint Notre Seigneur se réjouissent de s'être présentés à Lui comme opprimés et non comme oppresseurs.

Wa salâm.
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+8 #1 fadela rodriguez 2010-10-25 06:16 Encore une démonstration de la duplicité des politiciens français qui finit toujours par se découvrir, tôt ou tard, de leur vivant ou à titre posthume. Leurs acolytes contemporains, si "forts en gueule", ne valent pas mieux avec leurs gros principes. Quand leurs délits seront devenus flagrants, on sera là 'nous ou d'autres) pour "tourner le couteau dans la plaie". Juste retour des choses. Citer
 

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