Pour ceux qui ne comprennent rien aux Marchés
Écrit par Ilyess   
Dimanche, 18 Septembre 2011 18:12

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l'entendre qu'il achèterait cash 100 euros l'unité tous les ânes qu'on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie.

Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendit les bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 euros et ceux qui ne l'avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu'il n'en restait plus un seul, il fit savoir qu'il reviendrait les acheter 500 euros dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu'il venait d'acheter et l'envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 euros l'unité.

Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu'ils l'avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.

Comme il fallait s'y attendre, les deux hommes d'affaire s'en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu'au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l'âne s'effondra.

Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s'en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s'il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l'argent aux habitants du village pour qu'ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne traça pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d'être dégradée et prise à la gorge par les taux d'intérêts, la commune demanda l'aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu'elles ne pouvaient en aucun cas l'aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d'argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l'âge de départ à la retraite, on supprima des postes d'employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C'était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes. Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.

Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale de leurs maires sortants. Cette histoire n'est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.

Et vous, qu'auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous ?

 

 

Commentaires  

 
+4 #6 sama 2011-09-21 16:33 une révolution Citer
 
 
+4 #5 mikco 2011-09-21 14:17 j'aurai quitté le système depuis belle lurette

1.zéro endettement 2. retiré en espèces la tune que j'ai chez les banques voyous (pour info ça devient d'ailleurs une mission de demander sa tune en espèces) 3.j'achète tout ce dont je peux avoir besoin en denrées et matériel utiles en prévision des jours difficiles (vélo, chariot, graines, stocks alimentaires, bois, médicaments,etc …) 4. je prête tout l'excédent de tune, ça fait d'une pierre 2 coups car faut penser aux autres qui n'en ont pas 5. et si vraiment je suis riche j'achète un bien immobilier et/ou de l'or !!!
et bien sûr le plus important: je fais beaucoup de prières ! car ce qui nous attend sera au moins aussi horrible qu'une guerre mondiale, après tout y a pas de raison qu'on y échappe ? l'humain reste l'humain…
A bon entendeur Salem !
Citer
 
 
+2 #4 sayfdine 2011-09-21 13:34 boycotte de tout les marché et économie d'entraide voila la solution le peuple est plus nombreux que le gouvernement et peut plié son chef en peu de temp egypte tunisie libye et bien d'autre a venir et surtout a mort les banques Citer
 
 
+2 #3 Mafalda 2011-09-21 12:30 Cette histoire est très forte, en évitant de s'envoler dans des données économiques chers à nos experts impuissants, elle donne une leçon d'économie immédiatement comprise par tous. C'est super subtil, intelligent. Je fais circuler merci Citer
 
 
+2 #2 Ghada El Yafi 2011-09-21 09:35 Si les USA et leurs alliés n'étaient pas là à mettre leurs vétos à tout bout de champ, j'aurais dit:taxes sur la fortune des grandes entreprises autant que sur les particuliers sur le plus petit ilot du monde aussi bien que sans le plus grand pays: PAS DE PARADIS FISCAUX.
L'ONU, malheureusement n'est plus qu'un joujou entre leurs mains.
Citer
 
 
+2 #1 Chouchouuuu 2011-09-21 09:11 Salamalikoum

J'aurais encouragé un commerce en me fondant sur le principe des banques islamiques…Ou appelé à ouvrir une banque islamique lol pas de taux d’intérêts, pas de dettes non remboursables, pas de surendettement, pas de racket, pas de sacrifices sociaux, pas de suicide…
BarakaLlahoufik pour ce petit topo, on voit plus clairement qui profite du système…Une poignée de personne sur le dos de tout un peuple. Si le peuple exige l'arrêt de ce système, ils ne pourront rien y faire…le peuple sous-estime son pouvoir de persuasion ou de pression…
Citer
 

Ajouter un Commentaire


Nous contacter

UAM93 
Union des Associations Musulmanes
de la Seine-Saint-Denis 
Adresse : 23, rue Edgar Degas
93600 Aulnay-sous-Bois 
Tél. : 06 19 89 93 74
Tél. : 06 01 99 34 57
Fax : 09 55 36 29 66
Mail : contact@uam93.com

Article en Rapport


Liens commerciaux

Chroniques