Le pantalon sera-t-il un jour légal pour les femmes à Paris ?
Écrit par Stéphanie   
Dimanche, 31 Juillet 2011 15:53

Une ordonnance publiée en 1799 prescrit à toute femme «désirant s'habiller en homme» d'en demander l'autorisation à la préfecture. Une sénatrice demande l'abrogation d'une ordonnance du XVIIIe siècle toujours en vigueur, interdisant le port du pantalon aux femmes à Paris.

Mesdames, si vous êtes parisienne et portez un pantalon, vous êtes hors-la-loi. Plus pour longtemps ? C'est en tout cas le souhait de Maryvonne Blondin, sénatrice (PS) du Finistère. Elle a déposé au sénat le 14 juin dernier une proposition de loi demandant l'abrogation de l'ordonnance de police interdisant le port du pantalon aux femmes à Paris. Depuis le 26 brumaire de l'an IX (17 novembre 1799), il faut théoriquement demander l'autorisation à la police et justifier de raisons médicales pour pouvoir se couvrir les jambes.

«J'ai découvert cette ordonnance cette année, j'ai été stupéfaite», explique Maryvonne Blondin. «J'ai donc déposé un texte en juin, j'attends de savoir quand il sera examiné. Cela va dépendre de la charge de travail législatif que nous aurons.»

L'interdiction a été prononcée à Paris car c'est là qu'est né le mouvement des sans-culottes (1792), figure emblématique de la révolution française. Ces révolutionnaires revendiquaient le port du pantalon par opposition à la bourgeoisie qui porte des “culottes”. Dans la foulée, les femmes ont voulu elles aussi revendiquer le port du pantalon, ce qui leur a été formellement interdit.

Un texte anticonstitutionnel

Le texte du 26 brumaire de l'an IX, bien que plus appliqué, est toujours en vigueur aujourd'hui. Et ce malgré l'inscription dans la Constitution de 1946 du principe d'égalité des droits entre homme et femme. L'article 3 du préambule de la constitution de 1946 énonce en effet que «la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.»

D'autres avant Maryvonne Blondin ont tenté de faire abroger l'ordonnance. En 1887, la féministe Marie-Rose Astié de Valsayre en avait fait la demande au parlement. Demande classée sans suite. En 2004, le député UMP Jean-Yves Hugon avait demandé à la ministre déléguée à la parité, Nicole Ameline sa suppression. Elle lui avait répondu que la «portée serait purement symbolique.»

Même réaction de la part de la préfecture de police de Paris en septembre 2010. Le Conseil de Paris lui avait demandé la suppression du texte. L'interdiction du pantalon relevant d'une ordonnance de police, la préfecture peut la supprimer. Mais celle-ci avait fait savoir que l'abrogation de l'ordonnance incriminée, relevant de l'«archéologie juridique», ne constituait pas une priorité. Silence radio depuis.

À l'Assemblée nationale et au sénat, les élues ont le droit de siéger en pantalon seulement depuis 1980. En 1972, la conseillère technique du ministre Edgar Faure, Michèle Alliot-Marie, avait fait parler d'elle grâce à sa répartie. Alors qu'elle s'apprêtait à entrer dans l'hémicyle vêtue d'un pantalon, elle fut stoppée net par un huissier. Sans se démonter, la future ministre avait répliqué: «Si c'est mon pantalon qui vous gêne, je l'enlève dans les plus brefs délais.»

Source : Le Figaro

 

 

Commentaires  

 
0 #2 BCPANORAMA2 2012-01-16 21:43 Une aubaine pour les flics, on vient de leur dégoter plein de boulot et il y en aura pour tout le monde.100 000 flics pour se partager 2000 burqas, avouez que c’était misérable. Citer
 
 
0 #1 Duvivier 2012-01-15 15:44 hum… pourquoi pas… s'il n'y a pas semble t-il pas d'autres combats plus criants… cela occupe, au moins!
Bataille à note humoristique, légèrement décalée, non?
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