La réforme du CFCM, pilotée par les trois grandes fédérations, est à nouveau contestée
Écrit par Ilyess   
Lundi, 27 Mai 2013 01:51

Craignant une trop faible participation aux scrutins prévus les 8 et 23 juin, les mosquées indépendantes, les petites fédérations et quelques présidents de Conseils régionaux du culte musulman demandent un report de l’élection.

À peine la réforme de son calendrier adoptée, le Conseil français du culte musulman est entré dans une nouvelle phase de tumultes. Cette fois, c’est la réforme de sa gouvernance qui est en cause. Adoptée à l’initiative des trois principales fédérations de l’islam de France lors d’une assemblée générale le 23 février dernier, elle doit déboucher sur des élections anticipées les 8 et 23 juin prochains. Mais plusieurs voix s’élèvent pour demander un report du délai, voire un maintien de l’échéance initiale pour les mandats en cours, à savoir 2014.

Les cinq mosquées indépendantes – Évry, Lille, Lyon notamment – ont déjà fait connaître leur opposition à ce projet de réforme. Parce qu’il vise à faire revenir la Grande mosquée de Paris (proche de l’Algérie) et l’Union des organisations islamiques de France (proche des Frères musulmans) dans le jeu aux côtés du Rassemblement des musulmans de France (proche du Maroc), il prévoit une augmentation de la part des « cooptés » au détriment de celle des « élus » au sein du conseil d’administration, et est donc défavorable aux mosquées indépendantes.

Recteur de la mosquée d’Évry-Courcouronnes (Essonne), Khalil Merroun n’a pas de mots assez durs contre ce qu’il qualifie de « bidouillage de quelques-unes ».

Faible participation des mosquées au scrutin

Plus ennuyeux, ces mosquées sont désormais rejointes dans leur contestation par plusieurs présidents de conseils régionaux du culte musulman (CRCM). Cinq ont annoncé leur intention de ne pas participer au scrutin, rapporte le site Internet Saphirnews : Mimoun Bouhaoui (Pays de Loire), ElHassane Lechhab (Limousin), Mohamed Alaoui (Midi Pyrénées) et Mustafa Arslan (Bretagne), ainsi que le président du CRCM Île-de-France Centre, Merzak El-Bekkay. Au point que le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), jusque-là favorable à la réforme, a réclamé le report des élections.

Les opposants arguent notamment de la probable faiblesse de la participation des mosquées au scrutin. Seules un peu plus de 30 % d’entre elles (contre 80 % en 2003) auraient déclaré leur intention d’y participer, selon les premiers comptages établis par les commissions électorales régionales. « Il faudrait au minimum 65 ou 70 % de participation pour asseoir la légitimité du CFCM », estime un proche du dossier.

Déconnexion avec le terrain

La déconnexion entre ces grandes fédérations et le « terrain » apparaît de plus en plus patente. « L’UOIF et la Grande mosquée ayant boycotté les dernières élections en 2011, 95 % des présidents de CRCM appartiennent au RMF (proche du Maroc). Si certains d’entre eux refusent la réforme, cela veut dire que la fédération ne “tient” pas ses troupes, c’est la grande surprise », poursuit cette source, qui constate que les deux premières ne « mobilisent pas beaucoup non plus sur le terrain ». Un problème, à ses yeux, car « c’est au nom de leur supposée représentativité que les trois grandes fédérations se sont mises d’accord sur cette réforme et ont mis à l’écart les petites fédérations et les mosquées indépendantes ».

De leur côté, UOIF, RMF et Grande mosquée de Paris restent imperturbables. Une réunion de la commission électorale nationale est prévue jeudi 16 mai au soir pour valider la liste des lieux de culte participant au scrutin. « Elles considèrent cela comme du clapotis », observe un autre spécialiste, selon lequel la faible participation des mosquées pourrait même constituer un avantage. « Moins elles seront nombreuses, moins il y aura de candidats potentiels. Or constituer des listes d’union régionales entre les trois fédérations est déjà très compliqué, chacun voulant la tête de liste ».

Quant au bureau exécutif, qui fera la part belle à ces trois principales organisations, sa composition est quasiment connue d’avance. Même dans les cinq régions où le CRCM refuse de participer, les grandes fédérations estiment être en mesure de faire élire une équipe concurrente. Et s’attendent donc à des recours devant la justice pour déterminer la plus « légitime »…

Pression du ministère de l’intérieur

Ces nouvelles péripéties illustrent une fois encore le talon d’Achille du CFCM, à savoir le rôle fondamental joué en son sein par les grandes fédérations proches des pays d’origine de la plupart des musulmans de France. « Or l’immense majorité des lieux de culte est désormais indépendante, même si le président est marocain ou algérien », assure le proche du dossier.

Dans le même temps, le CFCM sait qu’il ne peut se permettre un nouveau retard. « Vous devez vous réformer parce que nous avons des sujets de fond à aborder », martèle en substance le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, lors de chacune de ses rencontres avec les responsables musulmans, qu’il s’agisse de la réglementation de la nourriture halal ou du pèlerinage à La Mecque…

Source : La croix

 

 

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