La mascarade du halal, l’électorat musulman et le vote haram
Écrit par Ilyess   
Mercredi, 14 Mars 2012 02:11

La mascarade autour du halal est un des signes du désarroi des sarkozystes qui doutent de plus en plus de la victoire de Sarkozy. L’autre signe probant de ce grand désarroi a été le violent énervement, suivi d’incivilités peu dignes d’un homme public, d’Henri Guaino devant les caméras. La mésaventure du candidat-président à Bayonne, où il a été chahuté par des lycéens peu politisés, a confirmé cette irréversible descente aux enfers. Toujours prompt à attribuer ses malheurs à autrui, Sarkozy a imputé ce violent rejet à F. Hollande devant les caméras. Mais hors micro, il a accablé Alliot-Marie qu’il cherche à impliquer dans sa campagne. Il en fait à nouveau un bouc émissaire après l’avoir rendu responsable du fiasco de sa politique étrangère, qui était déjà égarée par la part de subjectivité dans sa propre vision du monde aggravée par les options idéologiques de Bernard Kouchner.

Ces doutes sur la victoire sont accentués par la persistance de Dominique de Villepin et les réticences de J. L. Borloo et de Rama Yade, qui fédèrent un électorat autrement plus important que l’addition des voix apportées par les récents ralliements des « candidats-lights » comme H. Morin, C. Boutin et Nihous. Le retour de R. Dati n’y change rien, tant  l’influence de cette création de Sarkozy est restée négligeable.

Depuis qu’il pense à sa réélection, le président-candidat,  qui paie aussi le prix du retard de sa déclaration de candidature, est persuadé qu’hors du vote du Front National, point de salut. La course derrière cet électorat qui, après avoir assuré la victoire de 2007, est revenu au bercail frontiste, est à l’origine de l’orchestration des incessantes campagnes anti-islamiques. Mais ces électeurs de condition souvent modeste et qui n’ont supporté ni le bling-bling, ni l’oubli des promesses sur le pouvoir d’achat, jugent sévèrement celui qui, juste avant d’aller au Fouquet’s, s’était exclamé à la Concorde : « Je ne vous mentirai pas ! Je ne vous trahirai pas ! ». Ces sarkozystes d’un jour ont été convaincus de retourner au bercail frontiste par une Marine Le Pen dont les discours « de gauche » sont autrement plus convaincants au sein du « Le Pen-prolétariat » (les prolétaires venus au lepénisme au vu du déclin du PCF et de la main-mise de la gauche-caviar sur le PS) que les citations de Jaurès et de Blum par Sarkozy en 2007.

Les campagnes anti-islamiques avaient précédé le discours sécuritaire et franchement islamophobe de Grenoble : depuis mai 2009, dramatisation permanente du port de la burqa, qui relève de l’épiphénomène ; propos à caractère raciste d’Hortefeux ; débat sur «  l’identité nationale » où le socialo-sarkozyste Besson a ramené l’universalisme français à un prosaïque et étriqué sens de l’« entre-soi » ;stupéfiante tribune présidentielle parue à la une du Monde (9 décembre 2009) approuvant la votation suisse contre les minarets et sommant les musulmans de raser les murs pour ne pas porter atteinte à « l’héritage chrétien » de la civilisation française ; faux problème du Quick halal monté en épingle par X. Bertrand (ce maçon qui n’arrive jamais à être franc) ; dramatisation par le ministre de l’Intérieur en personne du cas du vrai-faux polygame musulman de Nantes, etc,…Pendant 4 ans, chaque semaine, chacun des fossoyeurs sarkozystes de l’héritage gaulliste (Besson, Hortefeux, Morano, Copé, Guaino dont le lyrisme et l’imitation de Malraux ne changent rien à l’obligation dans laquelle il se trouve d’apporter une valeur ajoutée plus ou moins littéraire aux idées de Buisson…) s’arrangeait pour brancher les journalistes sur un épiphénomène érigé en problème majeur. A chaque fois, il s’agit de faire croire que « la France est menacée par l’Islam», comme l’avait déclaré F. Mitterrand en ouvrant un conseil des ministres au milieu des années 80. Peu de temps après son élection, Sarkozy s’est inspiré de cette formule de Mitterrand pour expliquer à des chefs d’Etat européens que les musulmans installés dans les pays européens constitueraient un grand danger.

En opposant l’Islam à « l’héritage chrétien », Sarkozy espérait sans doute faire approuver sa croisade par quelques évêques hostiles au dialogue islamo-chrétien. Au lieu de cela, c’est le Saint Père lui-même qui l’a sévèrement chapitré après « l’indigne »(Villepin) et arbitraire expulsion des Roms, qui lui valut par ailleurs une peu glorieuse comparaison de la France sarkozyenne avec l’Allemagne nazie par une courageuse commissaire européenne.

L’organisation du débat sur la « laïcité » (supposée elle aussi menacée, une fois de plus, par l’Islam) a été ordonnée par Sarkozy à Copé en avril 2011 afin de relayer les campagnes jugées peu concluantes. Mais cette agitation n’a fait que révéler la grande ignorance de l’Islam par les caciques de l’UMP, à commencer par Copé qui avait pour seul viatique quelques anecdotes sur les musulmans glanées dans les marchés hebdomadaires de Meaux. En multipliant les déclarations approximatives sur les difficultés du financement du culte musulman le secrétaire général de l’UMP a montré  sa superbe ignorance de la Fondation des Oeuvres de l’Islam qui avait été créée par son « ami » Villepin pour mieux contrer la démagogie du ministre des finances-candidat sur le financement public des mosquées. Copé ne risquait pas d’en entendre parler lors de ses rencontres avec les inconnus que Sarkozy a fait coopter membres du bureau du CFCM, après avoir vérifié la régularité de leurs contacts avec les officiers de renseignement d’ambassade qui régentent les mosquées, et en échange de la promesse de faire campagne pour lui dans les mosquées. Un affairiste comme Fouad Alaoui n’a aucun intérêt à instruire Copé sur une Fondation perçue comme une menace pour les importants financements occultes en provenance de pétromonarchies dont bénéficie l’UOIF. Il préfère plutôt mettre en avant  l’association des Habous créée par lui et Thami Breeze  juste pour saboter la Fondation créée par Villepin et financée par le seul Serge Dassault. Pour rester fidèle à sa vocation de béni-oui-oui désireux de faire approuver son islamo-affairisme par des politiques, F. Alaoui s’est cru obligé de recommander à Copé sa ridicule proposition d’imposer les prêches en français. S’il avait une prononciation correcte du français qui lui aurait permis de se présenter aux cantonales, et pour mieux faire appuyer sa candidature par les « hommes à plumes » (équivalent à l’UMP des éléphants du PS) Alaoui aurait sans doute poussé son zèle jusqu’à leur demander d’interdire aux musulmans de se déchausser dans les mosquées, au motif que les Chrétiens, dont la civilisation est bien sûr « supérieure », se décoiffent en rentrant dans une église. En attendant d’imposer, au nom d’une autre future lecture de la laïcité, d’imposer aux prêtres catholiques de consommer un steak tartare le vendredi, et de supprimer le poisson, le même jour de la semaine, des cantines scolaires.

Mais ce débat n’a pas eu les résultats politiques et électoraux escomptés. Avec un courage qui manque cruellement à tous les interlocuteurs musulmans du ministère de l’Intérieur, le grand rabbin Gilles Bernheim en a déploré les ambiguïtés, aggravant ainsi la détérioration des relations du sarkozysme avec les autorités religieuses libres, ce qui est loin d’être le cas du docile et indolent CFCM, dont la plupart des membres ne vont pas au-delà de la recherche des avantages personnels. En outre, les calculs faits, à l’occasion de ce débat, par Abderrahmane Dahmane se sont avérés faux. Cet ex-conseiller d’éducation (dont le statut n’est bien connu ni par Sarkozy, ni par Luc Chatel) a été jusqu’à accuser Copé de nazisme en espérant obtenir un poste plus important que le mini-strapontin de l’Elysée, où Sarkozy ignorait ses demandes d’audience. Cet apprenti-manœuvrier croyait pouvoir renouer avec la communauté musulmane qui le rejetait pour son sarkozysme de la 13 eme heure, afin d’échanger son activisme en faveur de la réélection de Sarkozy contre la promesse d’un poste plus important. Mais seul Zékri  l’a suivi dans sa croisade anti-Copé. Mais, après avoir déchiré sa carte de parti devant les caméras, cet autre agitateur agité s’est fait recevoir par le secrétaire général de l’UMP qui a réussi à le détacher d’un Dahmane de plus en plus isolé. Les violents  coups que ses deux parasites de l’Islam en France se sont échangés en présence de Dalil Boubakeur sont liés à l’animosité provoquée par le retour de Zekri à l’UMP.

Sarkozy a découvert sur le tard l’inefficacité totale de ce genre d’agents électoraux. Lui qui, pour les besoins de sa campagne de 2007, avait mis dans le répertoire de son portable des centaines de numéros d’illettrés, de corrompus et de folkloriques promus gestionnaires de mosquées, qu’il tutoyait spontanément, et multipliait les petits déjeuners en tête-à-tête avec  Boubakeur, Alaoui, Béchari… Il ne se faisait sans doute aucune illusion sur l’influence électorale de ce dernier. Ces béni-oui-oui de seconde zone empêchèrent à plusieurs reprises sa mise en minorité à la FNMF par M. Alami et F. Laazouzi, puis par les futurs créateurs du RMF. Ces apprentis gestionnaires de mosquée intéressés surtout par les à-côtés financiers de la vie religieuse refusèrent de tirer les leçons de la chute de D. Basri. Ils firent semblant d’ignorer les conséquences du limogeage du général Laanigri sur les relations du Makhzen avec celui qui, pour se faire obéir, faisait croire à sa nomination imminente à un poste de secrétaire d’Etat !

 Les électeurs musulmans jugent Sarkozy en fonction de son bilan général qui est globalement négatif. Ils tiennent compte plus que les autres de ses manipulations de l’Islam à des fins électorales, tantôt en rentabilisant la peur de cette religion, en diabolisant les musulmans et les immigrés pour capter les votes sécuritaire et islamophobe, tantôt en flattant les musulmans crédules, espérant marier les contraires dans les urnes.

Ils  jugent aussi sévèrement sa politique étrangère qui a soutenu jusqu’à la dernière minute des dictateurs comme Ben Ali et Mourabak et refusé la candidature de la Turquie à l’Union Européenne en reprochant principalement aux Turcs d’être des musulmans.  C’est par turcophobie que Sarkozy impose aux contribuables européens de financer le surarmement de la Grèce face à la Turquie. Car c’est l’importance du budget militaire de la Grèce qui met son économie (qui n’est pas plus mal en point que celle du Portugal) au bord de la faillite. Ceux qui ont suivi attentivement la guerre menée par Israël à Gaza en janvier 2009, se souviennent que Sarkozy et Kouchner auront tout fait pour retarder le cessez-le-feu pour préparer indirectement la victoire de leur ami Netanyahou qui a eu  beau jeu d’utiliser à des fins électorales l’échec de Tzipi Livni contre le Hamas. Sans parler des inconséquences de la loi pénalisant la contestation du « génocide » arménien qui n’est reconnu que par les historiens accordant du crédit à un télégramme attribué aux Jeunes Turcs qui auraient ordonné les massacres. Mais bon nombre d’historiens contestent l’authenticité de ce télégramme et se seraient trouvés réduits au silence si le Conseil Constitutionnel n’avait pas critiqué ce texte à finalité électoraliste. Sarkozy savait très bien que l’adoption de cette loi, qui fait double emploi avec la loi-Gayssot, allait provoquer avec la Turquie une crise suffisamment grave au point de compromettre la concertation en cours avec ce pays en vue d’une  intervention internationale en Syrie. Ainsi, Sarkozy n’a pas hésité à mettre la mémoire (éminemment respectable des Arméniens morts il y a un siècle) au service de ses intérêts électoraux en affichant une superbe indifférence au sort des milliers de civils syriens massacrés quotidiennement par dizaines, voire par centaines.

Il faudrait mentionner le rôle d’un politiste islamisant de service dans la « politique musulmane » électoraliste de Sarkozy. Cet essayiste approximatif, et parfois désinformateur, qui n’écrit jamais rien sans accès aux « sources fermées », semble avoir mal vécu la déclaration faite par Juppé au Caire en mars 2011 : « on nous a intoxiqué en nous faisant croire que les dictatures seraient un rempart contre l’intégrisme ». Après avoir été réduit à la diète médiatique, comme beaucoup d’autres sociologues complaisants avec les dictatures dont les largesses assuraient des revenus occultes, et faisant son deuil de l’accès aux notes d’ambassades sur les islamistes radicaux, ce politiste qui avait fait croire aux socialistes « laïco-assimilationnistes » à l’imminence d’un « grand soir » islamiste en France, s’est rabattu sur les banlieues dites difficiles pour continuer à sévir. Dans un rapport financé par un Institut proche de l’UMP, puis dans un livre que prend un peu trop au sérieux la chronique religieuse du Monde, ce lointain continuateur de Robert Montagne (qui mettait sa « science » au service des polices coloniales) a fourni des « éléments de langage » aux sarkozystes qui s’emploient à utiliser l’Islam à des fins électorales. On peut supposer, sans grand risque de se tromper, que la mascarade du halal leur a été inspiré par le chapitre que lui consacre cet agent électoral en faisant croire à la nouveauté du phénomène. Ce prosateur semble oublier sa propre prose de la fin des années 80(qui valut à Hamidullah un interrogatoire de 5 heures, et à l’ancien président de l’AEIF Salah Mansour une condamnation à 5 ans de prison en Tunisie), il avait consacré de longs passages à Youssef Leclercq  qui était connu surtout pour ses démarches en vue du contrôle de la viande halal. De la même façon, le choix de la formule « forte identité musulmane » na rien d’anodin : ce politiste proposant ses services aux politiques en place entend manifestement apporter une justification a-posteriori au calamiteux débat sur « l’identité nationale », dont la seule évocation met hors de lui H. Guaino.

La sarko-compatibilité de ce vétéran des exploitations de la peur de l’Islam (qui posent plus de problèmes que celle des Le Pen), dont on sait depuis peu qu’il avait été aussi conseiller bien appointé des services lybiens, ne fait que conforter les plus informés parmi les électeurs musulmans dans leur choix du « tout sauf Sarkozy ». Ce rejet vient d’être conforté par la mascarade du halal qui justifie le jugement rendant haram(péché) tout vote pour Sarkozy.   Il y a eu des sociologues de l’immigration qui proposaient leurs services au PS (quand il était au pouvoir) par leurs théories sur le « passage (de la prière) au politique » et sur « l’intégration par le politique »destinées à faire croire à l’existence d’un « vote musulman » plus ou moins homogène. Les mêmes se sont employés à nier après les changements de majorité l’existence du vote musulman. Mais si ce vote n’existait pas, les sarkozystes viennent de contribuer efficacement à fédérer les multiples et opposées tendances de cet électorat …contre leur idole.

Mais il ne faut pas croire que cela impliquera un vote musulman massif pour Hollande. Déjà, la sérieuse hémorragie qu’a subie l’UMP après l’affaire Hortefeux (« c’est quand ils –les Arabes- sont nombreux qu’ils posent problème ») n’a pas bénéficié au PS. Les franco-maghrébins qui quittèrent massivement le parti présidentiel pour sa dérive raciste et islamophobe tolérée, voire planifiée à des fins politiciennes, ont rarement choisi d’adhérer au PS. Cela avait plutôt bénéficié à Dominique de Villepin, au Modem, aux Verts et, plus récemment, au Front de gauche.

La désaffection durable pour le PS a des origines structurelles. Les musulmans férus d’histoire contemporaine se souviennent de la formule usitée par un précédent ministre des affaires étrangères iranien quand il parlait des « sociaux-sionistes » français. Ceux qui l’avaient oubliée, s’en  souviennent à la relecture de la déclaration authentique faite en 2006 par Hollande soi-même qui s’engageait à mettre à l’écart du Quai d’Orsay des énarques suspects d’arabophilie.  C’était une manière de rivaliser avec Sarkozy qui, lorsqu’il a claqué la porte de l’Union Européenne face à la Turquie, promettait de revenir à la politique de Guy Mollet, considérée comme un « âge d’or » dans la coopération policière franco-israélienne. La promesse d’ « épuration » de la haute fonction publique faite par Hollande renvoie à cet engagement de sanctionner les diplomates « arabophiles ». Par ailleurs, il est difficile d’oublier qu’au moment du débat à l’Assemblée nationale sur Gaza, Cambadélis a insisté lourdement sur la libération de Gilad Shalit, mais sans avoir un seul mot sur les 11000 prisonniers palestiniens, parmi lesquels il y avait des députés élus avec un score meilleur que le sien dans le 19° arrondissement. Quand les manifestations en faveur des Palestiniens attiraient de plus en plus de monde, M. Aubry a laissé le choix aux fédérations du PS d’y participer. Mais très peu de socialistes ont utilisé cette « liberté ».  Par ailleurs, la condamnation du même Cambadélis pour un emploi fictif qui le mettait en rapport avec un lépéniste qui vivait aux crochets des immigrés, est aussi présente dans les mémoires que la mise en examen d’Harlem Désir qui, après avoir utilisé la cause des jeunes issus de l’immigration pour sa promotion politique, s’assurait des revenus, jugés illégaux, en feignant de s’occuper des foyers pour immigrés.

En outre, le bilan des socialistes en matière d’organisation de l’Islam est aussi mauvais que celui de l’UMP. La maigreur de ce bilan s’explique en grande partie par l’utilisation à des fins de carrière individuelle du dossier de l’Islam par le conseiller aux Cultes de plusieurs ministres socialistes. C’est ce manipulateur occulte qui a convaincu Joxe de saboter le projet de faculté de théologie musulmane à Strasbourg, au motif que « le concordat » serait un « résidu de l’histoire ». On s’aperçoit de l’arbitraire de cette « fetwa » au vu de l’application du concordat à l’Islam par la municipalité de Strasbourg. Qui pourrait oser à l’avenir refuser, par une casuistique aussi spécieuse, l’application à l’Islam  des autres clauses du concordat, comme la rémunération des imams d’Alsace-Moselle et le financement public d’une faculté de théologie musulmane ?

Ce même conseiller aux cultes a bloqué tous les dossiers, mais ne s’est passionné que pour le problème de la nourriture halal dans les casernes qui a été réglée avec une rapidité qui tranche sur l’immobilisme de ce manipulateur, fait de lenteurs volontaires et de temporisations calculées. On sait maintenant que cet empressement avait à voir avec les importantes commissions que les industries agro-alimentaires sollicitées acceptèrent de verser à leurs interlocuteurs dûment recommandés par le ministère, dont un membre du CORIF qui s’était signalé par le sans-gêne avec lequel il a demandé, et obtenu des pots-de-vin à des grossistes, en son nom, puis en celui du chef de cabinet du ministre, probablement à l’insu de ce dernier. Mais on est sûr que le « conseiller technique » n’ignorait rien des commissions perçues sur les fournitures des casernes en barquettes halal. Certains anciens membres du CORIF croient savoir que le conseiller lui-même aurait eu sa part…

Cela ne fait que rendre plus crédibles des révélations sur l’ouverture d’un compte en Suisse et son approvisionnement pendant longtemps par les responsables de la Ligue Islamique Mondiale qui entendaient récompenser la vaine et maladroite guérilla menée, sur ordre, par le CORIF contre la mosquée de Paris. Sans oublier les retours d’épices après l’encouragement de l’affairisme à l’émission islamique en y imposant un « ami » du conseiller technique qui a su manipuler un ministre socialiste plus influençable que Joxe.

C’est dire si le bilan socialiste en matière d’ « organisation » de l’Islam est aussi critiquable que celui de l’UMP. S’il y a un domaine où on peut condamner l’UMPS en bloc, c’est bien celui-là.

Ce sont deux autres socialistes, et non des moindres, Jospin et Allègre, qui sabotèrent les projets de Centre National d’Etudes de l’Islam en 1992 (quand Jospin était ministre de l’Education avec Allègre comme chef de cabinet) et d’Ecole des Hautes Etudes sur l’Islam en 1999 (quand Jospin, premier ministre, a couvert le détournement par Allègre son ministre de l’Education du projet d’EHEI pour des raisons de copinage, plus graves que le « corporatisme » vilipendé par celui qui voulait « dégraisser le mamouth »). Interpellés à ce sujet par plusieurs musulmans informés, Jospin, Allègre et Hollande n’eurent même pas la politesse de répondre aux courriers de ces déçus musulmans du socialisme.

En matière de mémoire des crimes coloniaux, on se souvient de la vaine tentative de Jospin( conseillé sur ce point par un arabisant qui refuse d’en parler) de rentabiliser électoralement la condamnation tardive de la pratique généralisée de la torture en Algérie. ON sait qu’après l’échec de cette tentative, le gouvernement de la « Gauche plurielle » refusa que soit apportée toute modification des contenus des programmes scolaires sur l’histoire de la guerre d’Algérie. Il y a très peu de différence entre ce refus socialiste motivé par le souci de préserver la mémoire de Mitterrand et la dogmatique sarkozyste en la matière, qui n’accepte des exceptions que pour convoiter les voix des harkis et celles des Pieds-Noirs.

En outre, comment oublier la réponse donnée par Jospin quand on l’a interrogé sur l’absence de ministres issus de la diversité dans son gouvernement : « j’ai pensé à en nommer, mais je n’en ai pas trouvé de compétents ! »

Cette façon de voir les choses ne rend pas Sarkozy plus vertueux, puisque les ministres de la diversité lui servirent de gadgets politiques en chair et en os.

Il est difficile de ne pas se remémorer à l’occasion des ridicules controverses sur le halal le procès intenté par M. Valls au gérant musulman d’un Franprix accusé de mettre n péril la laïcité en omettant de vendre du jambon. C’est le même Valls qui veut disputer le ministère de l’Intérieur dans un futur gouvernement dominé par le PS au non moins anti-musulman et manipulateur Julien Dray qui a fait ses premières armes en politique en manipulant les Beurs et Beurettes qui s’y prêtaient. Le député de Longjumeau avait montré jusqu’où il pouvait aller dans la manipulation quand il demanda à son assistante parlementaire, une franco-algérienne, de se rendre en compagnie d’une équipe de télévision à Goussainville pour y provoquer les « barbus » qui venaient soutenir les adolescentes voilées à la sortie du lycée de façon à se faire agresser par eux afin de pouvoir justifier le changement de position de l’ex-trotskiste qui a découvert que son hostilité à l’interdiction du foulard à l’école ne consolidait pas le sous-courant auquel il appartenait. L’assistante parlementaire préféra donner sa démission, malgré les avantages de ce poste pour une fille d’immigré qui a pu être repêchée par la Mairie de Paris, où l’on ne renonce pas à manipuler l’Islam à des fins électorales, comme le montre le (mauvais) fonctionnement de l’ICI (Institut des Cultures d’Islam) dont le précédent président, Hakim El Karoui, avait été recruté pour sa qualité de sous-directeur à la banque Rotschild, dans l’espoir de le voir débrouiller les 5 millions d’euros nécessaires à al construction de la mosquée que les laïcistes de l’entourage de Delanoé veulent téléguider. Mais Hakim El Karoui fut contraint à la démission par de courageux franco-tunisiens qui apprirent qu’il continuait à remettre des notes confidentielles à Ben Ali jusqu’à la soirée du 14 janvier 2011…

Qui nous dit qu’en cas de victoire de Hollande, et à la moindre difficulté de tenir les promesses électorales, J. Dray ne renouera pas avec ses habitudes de manipulation de l’Islam à des fins politiciennes ?

Ces raisons et beaucoup d’autres amènent de nombreux musulmans bien informés à estimer que Sarkozy et Hollande, c’est « blanc bonnet, bonnet blanc ». Néanmoins, beaucoup considère, en souvenir de l’acharnement de l’UMP à faire monter M. Le Pen en diabolisant l’Islam, que voter Hollande pourrait être un moindre mal. Au nom du « tout sauf Sarkozy », ils qualifient le vote pour Hollande de « mounkar makrouh chadidou al karahyya » (un acte répréhensible, fortement détestable).

Ce rejet massif de l’UMPS bénéficie, dans des proportions qui restent à évaluer, à F. Bayrou, à D. de Villepin,  à E. Joly (et pas seulement pour sa proposition de faire des deux Aïds des jours fériés) et, surtout à J. L. Mélechon. En réussissant à s’ancrer fermement à gauche, le candidat du Front de gauche arrive à convaincre une majorité d’électeurs musulmans à voter pour lui. En répliquant à M. Le Pen- et à ses émules de l’UMP- que « les travailleurs n’ont pas de problèmes avec les musulmans », l’éloquent tribun s’attire les sympathies des enfants d’immigrés dont la demande d’intégration sociale bute sur les terribles conséquences des choix économiques et sociaux du président qui avait été le candidat du CAC 40.

Face à ce vote massif en faveur de ceux qui croient encore à la justice sociale, les consignes électorales que peuvent faire passer dans les mosquées les rares « islamo-compatibles », convoitant une piètre promotion à la Béchari ou à la Dahmane, pèseront de peu de poids. Surtout que l’argumentation de ces derniers résiste peu à la solidité des « fetwas » rendant canoniquement « moustahabb » (fortement souhaitable) le vote en faveur de Mélenchon, Bayrou, Joly (qui a pour elle sa qualité de française d’origine étrangère) et D. de Villepin.

Hassan Mellali

 

 

Commentaires  

 
+2 #21 christophe 2012-03-28 17:41 Il est improbable que ces pratiques maffieuses et indignes aient eu lieu à l'insu de l'Intérieur. C'est ce ministère qui porte la principale responsabilité de cette mascarade intitulée "organisation" de l'Islam. Pauvre Islam! Citer
 
 
+2 #20 Bernard 2012-03-27 13:37 On parle bien des mallettes de dollars transportées par Gaubert et Takieddine. Pourquoi avoir tardé à parler de celles remises à des membres du bureau du CFCM? Citer
 
 
+3 #19 moncef 2012-03-23 23:23 Béchari a proposé ses services à l'équipe de campagne de F. Hollande, après avoir été en rupture avec M. Aubry. Mais les hollandais refusent de le recevoir. Sans doute parce qu'ils savent que des fédérations du PS avaient voté contre Aubry aux primaires en raison de ses soutiens passés à celui qui se disait socialo à Lille, avant d'aller voire Le Pen à St Cloud et de s'installer, au nom de la FNMF, dans un bureau au siège du RPR lors de la campagne présidentielle de 2002. Mais Béchari a appris par coeur la formule d'Edgar Faure: "quand la girouette tourne, c'est la faute du vent"… Citer
 
 
+3 #18 sihem93 2012-03-20 00:53 surprise de cet article plein de haine qui seme plus la division de la communauté musulmane de France
je soupçonne la main des koufars sionistes derrière cet article
il était une fois l'UAM93 comme projet d unité de la communauté …helas
Citer
 
 
-3 #17 alexandre 2012-03-18 12:32 En très peu de temps, une boucherie halal a été incendiée à Elancourt, une agrression mortelle a eu lieu à la mosquée d'Arras et celle de Bagnolet a eu droit à des tags racistes et islamophobes. Malgré les explications spécieuses tendant à rendre l'incendie accidentel et à imputer l'agression d'Arras à la démence, force est de relier ces actes aux campagnes anti-islamiques menées par Guéant, Morano, Hortefuex, Copé, Bertrand et, bien sûr, Sarkozy soi-même. Comment l'UAM93 pourra-t-elle continuer de faire semblant d'ignorer ce lien entre ces passages à l'acte et le choix par l'UMP de l'islamophobie comme axe de la campagne électorale? Citer
 
 
+3 #16 ridha 2012-03-17 00:52 L'affaire des 3 bus transportant des femmes musulmanes voilées des banlieues du 93 à Villepinte montre la très grande difficulté pour l'UMP de trouver au sein de la communauté musulmane des relais encore crédibles.
Après la perte de crédibilité des membres du CFCM, il est devenu très difficile de faire passer des consignes d'un parti islamophobe comme l'UMP sous peine de passer pour un traître.
Citer
 
 
+3 #15 mamadou 2012-03-16 16:30 L'homme africain qui ne serait pas "entré dans l'histoire" parce que trop "habitué au rythme des saisons" va bientôt par le biais des franco-africains faire son entrée fracassante dans l'histoire politique de France en s'adaptant au rythme des élections.Par son vote massif contre ce "néo-conservateur" attardé encore "domicilié en France" (E. Besson), il va renvoyer ce marchand d'islamophobie électoraliste à son cabinet d'avocat où il attendra son inculpation sur l'affaire Karachi. Citer
 
 
+3 #14 dominique 2012-03-16 12:43 Contrairement aux précédentes élections, cette fois les choses sont très claires, malgré les langages multiples d'une UMP aux abois:
il y aura un vote muuslman anti-Sarkozy massif, et ce sont Hortefeux, Besson, Morano, X. Bertrand, Guéant et Sarko lui-même qui auront contribué à unifier négativement cet électorat disparate que personne d'autre n'avait réussi à rassembler.
Les critères du choix sont très simples: aucun électeur musulman qui se respecte ne donnera son bulletin pour celui qui a injurié constamment l'Islam et utilisé en permanence la peur de cette religion. De plus, le sarko-libéralisme a bloqué l'intégration sociale et ruiné les associations qui militaient pour l'intégration et le vivre-ensemble en leur coupant les vivres et en diffusant les thèmes de la haine et de la peur.
Dans ces conditions, les musulmans de service qui convoitent des petits avantages individuels ou mini-catégoriels se déshnorent en aidant le sarkozysme moribond.
Citer
 
 
+4 #13 bibi 2012-03-15 11:29 as salam alaykoum wa rahmatoullah,
je tiens a vous alerter si ce n'est deja fait par le discours hier sur la laïcité du candidat f. hollande a Marseille clairement diriger sur les musulmans une copie du discours de l'ump et une critique de Sarkozy pour sa venue en 2003 au salon du bourget!!
merci de décrypter le discours et alerter les musulmans qui on pour habitude de voter massivement a gauche!!!
Citer
 
 
+3 #12 nabil 2012-03-14 19:11 "La France doit être gouvernée au centre": cette prédiction de Giscard a été confirmée par Mitterrand et Chirac. Seul Sarkozy a essayé de gouverner à la droite d ela droite, en prétendant que "la France se droitise". Mais les Centristes n'ont servi que de force d'appoint à un "socialiste"(venu de l'extrême-droite), et à un gaulliste. N'est-il pas temps de permettre à de vrais centristes de gouverner la France au centre pour refermer définitivement la parenthèse sarkozienne? Citer
 

Ajouter un Commentaire


Nous contacter

UAM93 
Union des Associations Musulmanes
de la Seine-Saint-Denis 
Adresse : 23, rue Edgar Degas
93600 Aulnay-sous-Bois 
Tél. : 06 19 89 93 74
Tél. : 06 01 99 34 57
Fax : 09 55 36 29 66
Mail : contact@uam93.com

Article en Rapport


Liens commerciaux

Chroniques