La démocratie islamique
Écrit par Ilyess   
Dimanche, 06 Février 2011 20:02

En gros, l’humanité se subdivise en trois catégories (1) : deux petites minorités, fondamentalement bonne ou mauvaise, et une multitude d’indécis qui se rangent spontanément du côté des mieux offrants, lesquels ne sont généralement pas toujours les mieux inspirés. Par ailleurs, le nombre d’incultes et d’ignorants étant éminemment supérieur à celui des lettrés et des savants, l’humanité ne peut que redouter les motions réputées démocratiques adoptées par ces majorités (2) :

La démocratie (3) est apparue en Grèce Antique plusieurs siècles avant Jésus-Christ, constituant sans conteste un net progrès par rapport aux absolutismes et aux tyrannies en usage jusque là. Elle n’a pourtant intéressé l’Occident qu’à la fin du dix huitième siècle, quand les peuples opprimés par des monarchies iniques se sont subitement et égoïstement aperçus que leurs droits (de l’homme) et leurs libertés (égalités, fraternités) pouvaient se trouver accrus par ce système politique révolutionnaire. Il faudra néanmoins encore un siècle, hésitant entre la terreur et les empires, pour qu’on la pérennise enfin et la promotionne ostensiblement comme une panacée évidente et indiscutable. Pas pour tous.

La démocratie directe s’est vite révélée ingérable et insupportable et a eu tôt fait de se transformer en oligarchie parlementaire (4) tombant dans ces mêmes travers qu’elle était censée obvier. Aujourd’hui, les populations ne sont quasiment plus consultées sur les questions délicates (5) qui les concernent pourtant au plus haut point. Les nouveaux tenanciers des démocraties représentatives les estiment sans doute trop graves pour être soumises aux consultations populaires, référendums et autres suffrages universels directs. Ils n’ont aucun scrupule à se servir de leurs prérogatives pour contrarier, contraindre et trahir ceux-là même qui leur ont donné mandat, allant jusqu’à déclarer que « les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent » ou que « la démocratie s’arrête là où commence l’intérêt de l’Etat » (6). Par les constitutions et autres législations sur mesure, les politiciens professionnels se sont arrogés les pouvoirs les plus étendus, allant jusqu’à s’accorder l’immunité durant leurs mandats et l’absolution quand leurs responsabilités ont pris fin.

Les véritables démocrates sont « théoriquement » censés se soumettre de bon gré aux résultats des scrutins mais la réalité est toute autre. Quand les urnes les désavouent, et surtout quand l’option islamique qu’ils honnissent l’emporte, ils répudient abjectement leurs préceptes sacrés en invoquant un « pas de démocratie pour les ennemis de la démocratie » (7) aussi loufoque dans leurs bouches que le serait un « pas de paix pour les ennemis de la paix » dans celles de pacifistes. En fonction de leurs intérêts économiques ou géopolitiques, les grandes puissances occidentales s’autorisent à faire prévaloir abusivement leurs spécificités, en donnant selon le contexte aux dictatures en voie de déchéance des coups de pouce ou des leçons de « démocrassie ». Quand leurs « despantins (8) » sont hors service, elles encouragent spontanément les aspirations populaires en conditionnant leur intervention militaire et leur apport humanitaire au pillage des richesses locales.

La « démocratie islamique » se limitera à entériner les règlementations qui n’entrent pas en conflit avec les injonctions divines. En deçà les consultations populaires seront tout à fait admises, aussi bien pour décider de l’administration publique que pour régler les différends. Un consensus est toujours préférable mais la majorité des avis exprimés suffit largement pour valider n’importe quel scrutin : «La jouissance pour un temps de la vie présente, c’est tout ce qui vous a été apporté ; mais ce qui est auprès de DIEU est meilleur et plus durable, pour ceux qui croient et placent confiance en leur Seigneur, et pour ceux qui parmi les péchés évitent les grands et aussi les turpitudes, tandis qu’ils pardonnent, eux, quand ils sont en colère ; et pour ceux qui répondent à leur Seigneur et établissent l’Office, et dont l’affaire est l’objet de consultation entre eux, et qui font largesse sur ce que Nous leur attribuons, et pour ceux qui, atteints par la rébellion, se portent secours à eux-mêmes. » (Coran 42 :36-43)

Daniel Youssof Leclercq

1. Décrites par le Professeur Muhammad Hamidullah (Initiation à l’Islam § 223, 224, 225 et 309)
2. « Et si tu obéis à la plupart de ceux qui sont sur terre, ils t'égareront du sentier de DIEU : ils ne suivent que la conjecture, et ne font que supputer. » (Coran 6 :116).
3. Du grec dêmos « peuple » et krátos « pouvoir », autrement dit le gouvernement par le peuple. Régime politique, système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, par l'ensemble des citoyens. le peuple est souverain et détient le pouvoir collectivement.
4. En gros des autocraties ne concédant aux masses, prétendues souveraines, que le droit de choisir librement ses dictateurs.
5. Comme les engagements militaires, la légalisation des stupéfiants, la peine de mort, l’euthanasie, l’avortement, les amnisties politiques, etc.
6. Charles Pasqua dans ses oeuvres minables.
7. Justification par les « démocrates » algériens du coup d’état militaire qui a confisqué Front Islamique du Salut sa victoire aux élections législatives en décembre 1991 (82% des voix au premier tour).
8. Néologisme qualifiant les despotes utilisés comme pantins.

 

 

Commentaires  

 
+7 #1 Alassane 2011-02-07 10:19 Assalamou aleykoum wa rahmatouLlahi wa barackatouh

Que vos dépêches sont interessantes, soubhana Allah (SWT). Baracka Allahou fikoum et poursuivez.

Wa salam
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