La cavale de la fierté
Écrit par Stéphanie   
Dimanche, 26 Février 2012 03:07

Il en est encore qui sont suffisamment naïfs ou présomptueux pour penser que, dans le prétendu pays des droits de l’homme et de la liberté d’expression, on peut mener à bien n’importe quel sacerdoce et que ceux qui y détiennent l’autorité vont endurer sans broncher toutes sortes de bravades et de bras d’honneur alors qu’ils peuvent sans dommages écraser toute résistance. Pour preuve, le Shérif de l’Intérieur de notre beau pays de France n’a pas pu supporter bien longtemps les chevauchements de ligne jaune des « Cavaliers de la fierté (1) ».

Au mépris de la présomption d’innocence, sans autre forme de procès, il a décrété qu’il fallait mettre la cavalerie au ban de la société et même dépêché des troupes disproportionnées pour investir les fiefs de cette rébellion islamique-là. Nos fiers frères ont naturellement les meilleures raisons du monde de ruer dans les brancards et de ne pas baisser la garde quand un félon cherche à les désarçonner et à les contraindre à mettre non seulement les pieds mais les genoux à terre. Il faut donc leur rendre hommage et souhaiter qu’ils remportent le tournoi en portant haut leurs couleurs qui sont quelque part aussi les nôtres, à quelques petites variantes près qui ne méritent pas qu’on leur refuse la préférence communautaire.

Nous devons avoir quelque bienveillance pour les méthodes employées par ces preux chevaliers, en particulier quand il s’agit de voler au secours des gentes dames voilées, en tout bien tout honneur. D’autant plus que si leur conduite a parfois été périlleuse, provocatrice, contestable ou illégale (au regard des lois républicaines en vigueur…), elle a toujours relativement été loyale et pour ainsi dire jamais violente. Ils n’ont donc pas démérité, bien au contraire, et tout Musulman digne de ce nom doit leur manifester de la sympathie et de la solidarité, ne serais-ce que parce qu’ils ont eu, eux, le courage d’affronter un pouvoir, des lois et des hommes injustes avec leurs modestes moyens, en mettant en péril leur bien-être personnel. Il ne devrait donc y avoir que les collabos d’un pouvoir inique pour se réjouir du malheur qui pourrait aujourd’hui toucher leurs coreligionnaires (2), à partir du moment où ces derniers n’ont commis aucune infamie notoire. Et quand aux trouillards réfugiés sous les jupes de leurs mères, qui ne font que couiner, pétitionner et manifester impuissamment contre la stigmatisation de l’Islam et des Musulmans, qu’ils sachent qu’ils ne font que se donner bonne conscience en se contentant de comptabiliser pudiquement les actes racistes et islamophobes et que cela ne les dédouane pas d’oeuvrer pour disculper ceux qui prennent de plus gros risques à leur place pour défendre fièrement les valeurs collectives.

De plus en plus de sacrilèges anti-religieux sont perpétrés impunément sur les Prophètes de Dieu (3) ou les Livres Saints (4) puisque légitimés par des sociétés permissives qui se réfugient derrière une liberté d’expression irrespectueuse des bonnes manières et du savoir-vivre ensemble. Il ne faut donc pas s’étonner en retour que les citoyens appartenant aux confessions malmenées ne s’indignent pas outre mesure, et même se réjouissent en douce ou ouvertement, lorsque d’aucuns en viennent à profaner un drapeau tricolore, un hymne national ou un code pénal qui ne sont à leurs yeux que les diverses expressions d’un chauvinisme local et d’un système injuste. Même s’ils répugnent eux-mêmes à perpétrer des profanations propres à déclencher des affrontements intercommunautaires (5), ne comptez pas sur eux pour condamner quoi que ce soit ou se porter partie civile dans tout mauvais procès qu’on intenterait à leurs frères dans la foi pour avoir porté atteinte à des icônes séculières de la nation dont ils n’ont cure. Tant qu’on ne tombera pas d’accord pour que chacun s’autocensure et s’impose spontanément du respect envers ce qui est sacré pour autrui, que ce soit dans les domaines religieux ou profanes, on s’exposera à des affrontements de toutes sortes où chacun aura à coeur de venger l’injure faite à son Dieu, à sa patrie, à sa race, à sa mère ou à son club de foot…

Daniel-Youssof Leclercq

1. Autrement dit « Forsane alizza » (site)
2. « Que les croyants ne prennent pas, pour patrons, des mécréants au lieu de croyants ! — quiconque le fait n'est de DIEU en rien; — à moins que vous ne craigniez d'eux quelque crainte. DIEU vous met en garde sur LUI- même. Et c'est vers DIEU qu'est le evenir. » (Coran 3 :28). « Ho, les croyants ! Ne prenez pas pour patrons des mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à DIEU une évidente autorité contre vous ? » (Coran 4 :144).
3. Caricatures du Prophète Mohammed (lien)
4. Profanation du Saint Coran par un diable identitaire (video)
5. « N'injuriez pas ceux qu'ils invoquent, en dehors de DIEU, car par agressivité, ils injurieraient alors DIEU, dans leur ignorance ». (Coran 6 :108)

 

 

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