Et en avant la musique !
Écrit par Stéphanie   
Jeudi, 01 Octobre 2015 20:16

J’estime, jusqu’à preuve du contraire, être plus fondamentaliste que réformiste. Entre autres exigences islamiques, je souscris au port volontaire du Hijab et du Niqab par les Musulmanes, sans restriction et au sein de n’importe quel espace, j’exige du véritable Halal issu d’abattages effectués manuellement et sans étourdissement (à la juive) et j’adhère à la vision physique du Hilal de Ramadan néanmoins calculé astronomiquement. Je suis donc, logiquement, dans le camp de ceux pour qui, de quelque doctrine (minhaj) qu’ils soient et quelles que soient leurs particularités dogmatiques, l’esprit ne doit qu’expliciter la lettre de la Loi divine sans jamais s’y substituer. Et, en mettant les points sur les « i », je préciserai que cette position réputée conservatrice ne m’incline ni à l’obscurantisme ni au terrorisme.

Néanmoins, le fait de se conformer strictement aux préceptes islamiques clairs (Coran et Traditions prophétiques (Hadith)), ne signifie pas qu’il faille souscrire à la moindre « sous-tradition » sans raisonner. Car, à ce propos, nombre de donneurs de leçons dépassent parfois les bornes en enjoignant à tous, y compris à ceux qui n’en veulent pas, des règles et des extrapolations religieuses mineures voire exubérantes. Au lieu d’insister sur l’amélioration des caractères et des comportements, sur le respect des engagements et des droits des individus, sur l’engagement désintéressé au service de sa religion et de ses congénères et la répression de ses mauvais penchants, ils ne font que rabâcher des évidences et exagérer l’importance canonique de certains usages accessoires, des djellabas, des couvre-chefs, des tailles de pantalons, des poils de barbe et des vertus médicinales de l’urine de chamelle.

Et on en vient donc naturellement à la condamnation outrancière de la musique par certains « savants », et au tollé quasi unanime (hormis la solidarité salafiste de bon aloi mais néanmoins inappropriée) déclenché par les propos inconsidérés de Rachida Bou Hodeyfa qui l’a qualifiée de paroles de Chaytane (Diable) et a traité ses amateurs de futurs singes et porcs. « Tonnerre de Brest », comme dirait le Capitaine Haddock. On ne tire pas sur les ambulances à condition qu’elles ne transportent que des blessés et des hommes désarmés. Ce n’est pas le cas ici avec le prétentieux imam brestois qui non seulement ne regrette ni ses élucubrations éhontées ni ses citations coraniques et prophétiques mensongères[1] mais réitère ses divagations en fustigeant hargneusement et non moins orgueilleusement ses détracteurs, y compris votre serviteur dont il ne pouvait que déclencher l’ire.

Comme pour la télé, le cinéma ou le foot, la musique est de ces sujets tabous dont les Musulmans, sans bien savoir pourquoi, doivent faire hypocritement semblant de se désintéresser alors qu’ils en sont grands amateurs. En Islam, ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé, alors inutile de se retrancher derrière de grandes figures musulmanes qui l’ont légalisée, comme Ghazali ou Ibn Hazm, pour légitimer la musique. Hormis un commentaire (Tafsir) tiré par les cheveux d’un verset de la sourate Luqman[2] relatif à la poésie impie, il n’y a aucun verset dans le Coran qui bannisse explicitement la musique, et hormis des interprétations contestables, rien non plus de décisif dans le Hadith. Charité bien ordonnée commence par soi-même, pourquoi donc vos muftis préférés bien inspirés ne condamnent-ils pas les hymnes nationaux en fanfare de leurs bleds respectifs ? Et tant qu’on y est, interrogez-les aussi sur les petites guéguerres fratricides que déclenchent périodiquement leurs dirigeants ?[3]

Comme quatre-vingt-dix pour cent de mes semblables, Musulmans ou pas, j’écoute de la musique, involontairement ou pas, sans en avoir honte et sans jamais avoir constaté les conséquences diaboliques évoquées par notre histrion breton. Avant l’Islam, j’ai chanté dans un groupe de pop music pendant plusieurs années et je n’ai jamais cessé d’apprécier les belles mélodies. Je travaille encore aujourd’hui en musique, et je me console de mes petits malheurs comme de la bêtise humaine en musique. Et, la musique étant censée adoucir les mœurs, mes coreligionnaires les plus sanguinaires feraient mieux d’y recourir pour être plus positifs et productifs, au lieu de guerroyer à tort et à travers pour faire valser les têtes humaines.

Daniel-Youssof Leclercq

[1] « Ho, les croyants ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C'est en grande détestation auprès de DIEU, de dire ce que vous ne faites pas. » (Coran 61 :2,3). « Ne mentez pas car le mensonge mène à l’impiété et l’impiété mène à l’Enfer. L’homme qui use régulièrement de mensonge en viendra à être inscrit auprès de DIEU comme un grand menteur. Soyez véridiques car la véracité mène à la piété et la piété mène au Paradis. L’homme qui dit toujours la vérité en viendra à mériter le nom de très véridique ». (Boukhary 78/69/1 – Abou Daoud 40/80 – Tirmizhy 25/46).
[2] « Tel, parmi les gens, achète le passe-temps du conte, en sorte qu'à son insu il égare du sentier de DIEU que cependant il prend en moquerie. À ceux-là le châtiment avilissant ! » (Coran 31 :6).
[3] « Celui qui porte les armes contre nous n'est pas des nôtres. » (Boukhary 92/7/1,2). « Injurier un Musulman, c'est commettre un forfait ; le tuer, est faire acte d'infidélité. » (Boukhary 92/8/1 – 87/2/8). « Quand je ne serai plus là, ne revenez pas à la mécréance en vous tuant les uns les autres. » (Boukhary 86/9/1 – 64/77/8,10,11 – 92/8/3,4,5 – 97/24/12 – 87/2/2,3 – 3/43/1 – 25/132/1,3). « Toutes les fois que deux Musulmans armés d'un sabre en viennent aux mains, tous deux iront en enfer. — C'est bien pour celui qui tue, lui dit-on, mais pourquoi en est-il ainsi de celui qui est tué ? — C'est, répliqua-t-il, parce qu'il voulait tuer son adversaire". » (Boukhary 92/10/1 – 87/2/9). « Et si deux groupes de croyants se combattent, alors faites la paix entre eux. Puis, si l'un d'eux se rebelle contre l'autre, alors, combattez celui qui se rebelle, jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'ordre de DIEU. Puis, s'il s'incline, alors faites la paix entre eux avec justice, et jugez à la balance. Oui, DIEU aime ceux qui jugent à la balance. Rien d'autre : les croyants sont des frères. Faites donc la paix entre vos deux frères, et craignez DIEU. Peut-être vous ferait-on miséricorde ? » (Coran 49 :9,10).

 

 

Commentaires  

 
+1 #8 Mehdi 2015-10-11 11:03 Cher Monsieur Leclercq,

Merci pour cet article éloquent et sans détour. Malheureusement , que nous le voulions ou pas, se dessine inexorablement une ligne de fracture entre la tendance salafi, qui tend à être une forme singulière de religiosité, et le reste des musulmans. Cet enfermement sectaire s'accentue accélérant le rejet du greffon. J'espère que nos frères et sœurs reviendront à une approche beaucoup plus profonde, analytique, spirituelle de l'islam plutôt que de rester à la gangue.
Citer
 
 
+3 #7 abusuhayl 2015-10-09 15:33 Assalamou alaika

Bravo je suis d'accord a 100% avec votre analyse de la situation oummatique. Je partage votre opinion sur la musique mais elle reste incomplète car vous ne précisez pas qu'il y a aussi des limite dans la musique. Comment n'y en aurait il pas alors que le zélé est proscrit même dans les actes d'adoration. Que dire d'un art qui quoiqu'on en dise influence les comportements des individus et donne des sensation que l'on ne contrôle pas. Les limite résident dans la quantite de musique et la qualité. Si vous écoutez lacrim ou nero vous comprendrez c'est autre chose que Renaud keny arkana ou kerry James.
Citer
 
 
+3 #6 abusuhayl 2015-10-09 15:33 Assalamou alaika

Bravo je suis d'accord a 100% avec votre analyse de la situation oummatique. Je partage votre opinion sur la musique mais elle reste incomplète car vous ne précisez pas qu'il y a aussi des limite dans la musique. Comment n'y en aurait il pas alors que le zélé est proscrit même dans les actes d'adoration. Que dire d'un art qui quoiqu'on en dise influence les comportements des individus et donne des sensation que l'on ne contrôle pas. Les limite résident dans la quantite de musique et la qualité. Si vous écoutez lacrim ou nero vous comprendrez c'est autre chose que Renaud keny arkana ou kerry James.
Citer
 
 
-3 #5 giordano 2015-10-09 14:40 Daniel-Youssof Leclercq
Bonjour,
SVP n'utilisez pas mon adresse mail autrement qu'à me répondre.

Concernant l'article "Et en avant la musique !"
Écrit par Stéphanie
dites moi que je me trompe.
Vous savez comme moi que 1393 années se sont écoulées depuis une certaine écriture et vous ne vous en seriez pas aperçu?
Je ne voudrais pas ni être impoli ni injurieux et je ne vous dirai donc pas dans quel état d'esprit il faut être pour dire et/ou écrire des choses comme dans cet article. Mais comme je n'y comprends rien dites et écrivez avec des phrases courtes sujet+verbe+com plément (sans subordonnée)
ce qui est inacceptable dans votre religion ce qui est dépassé ce qui est délétère. Merci.

Cordialement.
Citer
 
 
-2 #4 Salam 2015-10-09 11:53 As salamarleikoum,

A quoi sert cette article si ce n est à diviser?
Bravo pour l information de bas étage, monsieur avec tous le respect que j'ai pour vous, remettez vous en questions avant qu'il soit trop tard, ne vous faite pas le porte parole de médias calomnieux…
Dans chaque sujet il est bon que chacun reste à sa place et que le mécanicien ne vient pas dire au boulanger comment faire du pain.
Wa salam arleikoum
Citer
 
 
+3 #3 Chrif 2015-10-09 10:00 Voilà maintenant de trop nombreuses années que des prétendus "salafistes" au comportement d'apparence ne contribuant à aucune richesse de la société où ils vivent mais tirant profit de son système (revenus, allocations diverses…) propagent dans les quartiers ou sur internet une vision de l'islam restrictive et rigoriste jusqu'à l'absurde alors qu'en vérité ils n'ont guère de science.
Mais comme on dit : au royaume des aveugles le borne est roi.
Beaucoup d'entre eux sont issus de l'échec scolaire quand ils n'ont pas été d'anciens délinquants ou sortis de prisons ou encore "rapeurs" et autres médiocrités.
Ils sont uniquement dans le paraître et ces médiocres se permettent de parler et d'interpréter sur l'islam avec legerté et quelques rudiments ou bricolages pris par-ci par-là.
J'exagère un peu mais je connais assez de cas réels. Malheureusement !
Il est plus que temps pour la communauté musulmane de dégager tous ces médiocres et d'exiger que l'appellation d'imam ou de religieux musulmans ne soit donner qu'aux personnes dignes de cette qualification et qui ont acquis une solide formation religieuse sanctionnée par des études dans les écoles ou les universités islamiques.
Nous avons un besoin urgent de revivifier la pensée et l'enseignement religieux de l'islam par des hommes et femmes sensés et qualifiés pour donner une vision religieuse authentique qui ne brime pas et ne bride pas les générations musulmanes. A nous d'inciter ces dernières à vivre pleinement leur citoyenneté dans ce pays à prendre leur place dans cette société dont elles font partis et qui leur appartient et non qu'elles se marginalisent par des comportants et des accoutrements inappropriés et sans valeur religieuse. La foi est tout d'abord dans le cœur et non dans un vêtement ou une apparence.
L'islam recommande le juste milieu et blâme l'excès et n'interdit pas de bien vivre et d'être utile par des études, du travail et de l'implication à tous les niveaux de la société où l'on vit sans être prisonnier d'une conception religieuse étriquée.

Quant à la musique, à la fête, aux chants, ils se pratiquaient du temps du Prophète mais sans excès ni abus l'essentiel était que la foi demeure l'élément galvanisateur.

Cependant, il est vrai qu'en Occident comme en Orient une musique dévoyée accompagnée de drogues et d'alcools entraîne vers la perdition et l'égarement de nombreux hommes et femmes en quêtes de plaisirs éphémères et destructeurs.

A chacun de faire la part des choses sans excommunier et sans condamner sans appel.
Wa Allahou a'lâm
Citer
 
 
+2 #2 stephanie/monica 2015-10-05 03:55 Multi-citer عبدالله جابر:
عبدالله جابر
Salam aleikoum dans ce article il y a beaucoup de grandes erreurs il y a une seul voie à suivre ( minhaj)celle de nos pieux prédécesseur (salafs as-salih) la musique est haram c'est clair comme de l'eau de roche, après celui qui veut l'ecoûter est libre mais elle reste haram et pour les hymnes nationaux c'est la même chose je vais mettre un lien
"Salam. Comme d'hab, ami salaf, il n'y a qu'une seule voie la tienne, c'est haram parce qu'on te l'a bourré dans le crâne et tu ne sais même pas pourquoi, et il y a des grandes erreurs mais je ne t'en citerai aucune. On connait ta musique : En résumé, je sais rien mais je dirai tout. Quelle pauvreté intellectuelle !
Citer
 
 
-3 #1 عبدالله جابر 2015-10-04 23:28 عبدالله جابر
Salam aleikoum dans ce article il y a beaucoup de grandes erreurs il y a une seul voie à suivre ( minhaj)celle de nos pieux prédécesseur (salafs as-salih) la musique est haram c'est clair comme de l'eau de roche, après celui qui veut l'ecoûter est libre mais elle reste haram et pour les hymnes nationaux c'est la même chose je vais mettre un lien
Citer
 

Ajouter un Commentaire


Nous contacter

UAM93 
Union des Associations Musulmanes
de la Seine-Saint-Denis 
Adresse : 23, rue Edgar Degas
93600 Aulnay-sous-Bois 
Tél. : 06 19 89 93 74
Tél. : 06 01 99 34 57
Fax : 09 55 36 29 66
Mail : contact@uam93.com

Article en Rapport


Liens commerciaux

Chroniques