Doc : les enfumades du Dahra - 18 juin 1845
Écrit par Ilyess   
Mardi, 31 Décembre 2013 22:39

Réalisateur d’une série de documentaires sous le titre générique de Témoignages pour l’histoire, Ali Fateh Ayadi a présenté son dernier opus en 52 minutes, Les enfumades du Dahra. Documentaire qui devra passer sur les trois chaînes algériennes dimanche 18 février à 20h45, en version arabe et en français.

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A travers le documentaire, on redécouvre les massacres du Dahra, œuvre du général Pélissier. Le 18 juin 1845, 1000 Algériens de la tribu de Ouled Riah, poursuivis par les colonnes françaises, subiront le sort déjà appliqué par le général Cavaignac aux tribus résistantes de Ténès. L’enfumade, « un massacre respectant un protocole précis », selon Gilles Maçeron, historien français et rédacteur en chef de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Une technique. Un mois et douze jours après, c’est le général Saint-Arnaud qui enfume ce qui reste de la tribu des Beni Sebah à Ténès, faisant selon les estimations de l’époque 500 victimes. Le documentaire est rehaussé par le témoignage de Hadja Zohra, arrière-petit-fille d’une survivante. Le lendemain du crime, Mohamed Ben Mohamed inspecte les lieux à cheval et retrouve deux survivants, deux miraculés de l’enfer : un homme, Bouhraoua et Aïcha Bent M’hamed. Le sauveur se marie avec la survivante Aïcha. De cette union naissent les grands-parents de Zohra qui récitent des poèmes populaires relatant le massacre des anciens condamnés en son temps par des consciences telles que le bonapartien maréchal Ney, qui déclare que ce n’est point comme cela qu’on mène la guerre.

Le documentaire incrimine les voix apologistiques des crimes : de Tocqueville, mais aussi Jules Ferry. Pour l’auteur de Coloniser, exterminer, Olivier Le Cour Grand-Maison, les enfumades n’ont pas été décidées dans le feu de l’action, évoquant des « massacres administratifs », concept emprunté à Hannah Arendt. La dérive du discours républicain français justifiant les crimes contre les civils durant la conquête française, explique Gilles Mançeron, a subsisté dans la pensée politique française jusqu’aux indépendances.

Pour sa part, l’universitaire Madjid Merdaci s’interroge « à quand un examen sérieux du passé colonial de la France ? ». Un tel examen nourrira selon lui une meilleure politique de la France vis-à-vis de ses propres citoyens, notamment ceux d’origine immigrée. « Le rôle des militants des droits de l’homme est également important », souligne dans le documentaire Gilles Mançeron, « car l’histoire a des conséquences actuelles sur les phénomènes de discrimination et de racisme qui plongent leurs racines dans le terreau du colonialisme ». Mais l’histoire a besoin de repères. « Aucune indication ne signale l’emplacement actuel de ces grottes », ajoute le réalisateur qui regrette que des noms de généraux français coupables de massacres contre les Algériens, comme Clausel ou Cavaignac, soient toujours usités pour indiquer des quartiers d’Alger.


 

 

 

Commentaires  

 
+1 #3 Chérif 2014-01-19 14:30 Merci pour ce document mémorial qui démasque les assassins décorés, vénérés par toutes les républiques françaises dont certains politiciens générateurs de la haine veulent en faire l'éloge des assassins pour leurs crimes contre l'humanité.
Mais ce court document n'a pas pu parler des bras de femmes coupés contenant des bracelets en or et en argent, vendus sur le marché d'Alger par les soldats criminels "civilisateurs". Ceux-ci obéissaient à leurs commandants qui exigeaient d'eux de ramener, entre autres, des oreilles d'hommes et de femmes pour avoir des récompenses. C'est cette l'armée coloniale que les nostalgiques de l'Algérie française honorent tous les ans par des commémorations au nom du peuple français.
On a oublié aussi de mentionner Victor Hugo, en étant pair de France à cette époque-là, faisait l'éloge de son pays qui est allé civiliser les sauvages !

Chérif
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+1 #2 Omar 2014-01-17 00:05 Merci de montrer l'effort humanitaire et civilisationist e de la france au niveau de ses colonies Que ces generaux genocidaires ont ete célèbres et honorés par les parlementaires Francais ceux qui defendent SI bien les droits de l'homme Citer
 
 
+1 #1 trepxe 2014-01-16 15:23 pour les noms de génocidaires généraux français usités pour les quartiers d’Alger, cela fait sans aucun doute l'objet d'une colère populaire en ici en Algérie, ce n'est qu'une question de temps, mais cela cessera assurément. bien que le pouvoir algérien fait acte de silence à cet égard, c'est d'ailleurs l'une des raisons principales pour lesquelles le pouvoir algérien est attendu au tournant par le peuple. Citer
 

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