Des obligations et interdictions nécessaires
Écrit par Ilyess   
Lundi, 06 Décembre 2010 19:15

Ceinture de sécurité, contrôle technique, gilet de sauvetage ou fluo, interdictions de stationner, d'allumer du feu en forêt ou de fumer dans les lieux publics sont de ces contraintes dont certains ne comprennent pas toujours l’intérêt de prime abord. Les sociétés structurées ne cessent de concocter des lois spécifiques pour protéger les individus et la collectivité, pour faciliter les relations entre ses différentes composantes et faire en sorte que les droits des uns n’empiètent pas sur ceux des autres. Néanmoins, le reproche qu’on peut légitimement faire c’est que ces législations d’inspiration humaine privilégient par trop souvent les us et coutumes locales, les exceptions culturelles et le chauvinisme.

À l’instar de n’importe quel code (civil, pénal, de la route, etc.), le code islamique comporte des droits et des devoirs, des obligations et des interdictions. Objectif et impartial, il fait surtout prévaloir le bien et le mal notoires sur toutes les autres considérations. Comme ailleurs, les contrevenants sont passibles de sanctions, allant de la réparation à l’expiation, surtout quand les infractions en arrivent à occasionner des dommages corporels, matériels ou psychologiques.

La mentalité moderne ne reconnaît à l’homme « ni DIEU, ni maître » et pour ceux qui sont réfractaires à toute discipline, n’importe quelle injonction religieuse sera incongrue et contraignante. Rien d’étonnant donc à ce que les offices de prière, le jeûne du Ramadan, la proscription du porc ou de l’alcool, l’alimentation halâl, la pudeur et autres spécificités islamiques, figurent en bonne place dans le collimateur des théories psychanalytiques et philosophiques en vogue. Toutefois, les exigences de l’Islam ont été savamment calibrées pour convenir ou s’adapter à toutes les circonstances de la vie et ne pas excéder ni la volonté ni les forces humaines : « DIEU n'oblige une personne que selon sa capacité : à elle ce qu'elle a gagné, et contre elle ce qu'elle a délibérément gagné. - "Seigneur ! Ne T'en prends pas à nous s'il nous arrive d'oublier, ou de commettre l'erreur. Seigneur ! Ne nous charge pas d'un fardeau lourd comme TU as chargé ceux qui furent avant nous. Seigneur ! et ne nous impose pas ce pour quoi nous n'avons point de force. Et donne-nous absolution et donne-nous pardon et aie pour nous miséricorde. TU es notre patron : donne-nous donc secours contre le peuple mécréant". » (1)

« Les nécessités permettent ce qui est interdit. » (2). En cas de difficulté, on peut être amené à déroger à n’importe quelle obligation ou interdiction religieuse. Néanmoins, on ne doit pas éluder délibérément quelque injonction divine que ce soit mais toujours en reconnaître le bien-fondé en son for intérieur, même en cas de manquements. Et, quand on se trouve dans l’incapacité de compenser ou d’expier ses défections, physiquement (invalidité, handicap, maladie), matériellement (pauvreté, manque de moyens, oppression,) ou psychologiquement (folie, perte de raison, pression des tiers), il est nécessaire de le déplorer pour trouver DIEU compréhensif et miséricordieux : « Celui qui est en détresse mais ni rebelle ni transgresseur, pas de péché sur lui. Oui, DIEU est pardonneur, miséricordieux » (3).

L’Islam ne se contente pas d’interdire et défend également de propager ce qui est illicite, que ce soit en tirant profit ou en le distribuant gratuitement : « Ibn Omar a rapporté que l’Envoyé de DIEU a dit : "DIEU a maudit l’alcool, celui qui le boit ou le fait boire, celui qui le vend ou le fait vendre, celui qui le fabrique ou le fait fabriquer et celui qui le transporte ou le fait transporter" »4. En cela il se démarque de l’hypocrisie des religions et philosophies qui invitent à se forger une conduite exemplaire mais ne voient aucun mal à faire effectuer par d’autres ce qu’elles réprouvent pour leurs adeptes : « Djâbir ben-`Abdallah a entendu l'Envoyé de DIEU dire, l'année de la conquête, alors qu'il était à la Mecque : "DIEU et son Envoyé ont défendu la vente du vin, des animaux crevés, du porc et des idoles." Et comme on lui disait : "O Envoyé de DIEU que penses-tu des graisses des animaux crevés ? Elles servent à enduire les vaisseaux, à graisser les peaux et à alimenter les lampes du peuple. - Ne les vendez pas, répondit-il, cela est interdit." Puis, l'Envoyé de DIEU ajouta : "DIEU maudisse les Juifs ! (négligents de l'époque ndlr) DIEU leur avait interdit les graisses des animaux crevés; ils les ont fait fondre, les ont vendues et en ont employé le prix à leur subsistance »5. L’enseignement est-il suffisamment clair ?

Daniel Youssof Leclercq

1- Coran 2 :286 et aussi 6 :152- 7 :42- 22 :63.
2- Saraqsy Mabsout
3- Coran 2 :173 et aussi 6 :145 et 16 :115
4- Sunan Abou Dawoud 25/2
5- Sahih al-Boukhary 34/112/1

 

 

Ajouter un Commentaire


Nous contacter

UAM93 
Union des Associations Musulmanes
de la Seine-Saint-Denis 
Adresse : 23, rue Edgar Degas
93600 Aulnay-sous-Bois 
Tél. : 06 19 89 93 74
Tél. : 06 01 99 34 57
Fax : 09 55 36 29 66
Mail : contact@uam93.com

Article en Rapport


Liens commerciaux

Chroniques