Complicité active et passive
Écrit par Stéphanie   
Jeudi, 17 Janvier 2013 02:12

En terme de culpabilité, surtout pénale, le droit[1] distingue entre la complicité active et la complicité passive. Est réputé co-auteur celui qui collabore de manière directe à un crime ou à un délit. Est déclaré complice actif celui qui contribue indirectement aux méfaits, à l’instar des sentinelles, des receleurs ou des faux témoins. Est considéré comme complice passif celui qui est informé de méfaits et qui les « couvre » intentionnellement, que ce soit par affection ou par intérêt. On est incriminable, même islamiquement parlant,[2] à partir du moment où, sciemment, on n’intervient pas pour faire cesser des agissements délictueux, quand bien même on n’en profiterait pas directement ou on nierait l’évidence d’en être connaisseur.

En Islam, la responsabilité d’un acte répréhensible incombe surtout à celui qui le commet mais n’en dédouane jamais totalement ceux qui y participent à quelque niveau que ce soit.[3] Il est évident que certains agissements ne peuvent avoir lieu ou perdurer qu’en bénéficiant d’une logistique incitative ou complaisante, en l’occurrence d’une collaboration active ou passive. D’où l’absence de circonstances atténuantes pour ceux qui simulent délibérément la méconnaissance des conduites exécrables, minimisent les mauvais comportements ou cherchent des excuses à des exactions impardonnables voire poussent le culot à proposer leurs bons offices pour des médiations inconcevables entre les bandits et leurs victimes. L’attitude de ces diplomates approximatifs est d’autant plus incompréhensible qu’ils se prétendent croyants et probes.[4] On imagine que leur posture serait toute autre si eux-mêmes ou leurs proches devenaient victimes de telles canailles. Qui sait ce que réserve l’avenir ?

Entendons nous bien, il n’est absolument pas question ici d’encourager la délation chez ceux qui veulent se venger de je ne sais qui ou je ne sais quoi. D’ailleurs, les amateurs de diffamation et de calomnie n’ont nul besoin d’incitation car non seulement ils se dispensent de toute permission religieuse (fatwa), mais ils parcourent même des kilomètres pour s’y vouer. Donc, il ne s’agira pas ici de dénoncer les infractions à la législation française[5] ou de dévoiler les péchés et les manquements personnels[6] de ceux que d’aucuns considèrent légitimement comme leurs « ennemis », mais de mettre un terme aux nuisances graves qui sont causées à autrui par ceux qui prétendent être des « nôtres ». Pour ceux (dont je fais partie) qui aiment qu’on mette les points sur les « i », citons entre autres bandits, ceux qui se livrent au trafic de drogue, qui commettent des braquages et autres vols qualifiés, qui projettent de perpétrer des actes terroristes aveugles, qui recourent aux manipulations, au chantage et à l’intimidation, qui s’adonnent à l’escroquerie ou à l’extorsion de fonds, qui font des faux en écritures, qui se livrent à des attouchements et viols pédophiles, qui exercent des violences morales et physiques sur les dames en les harcelant et en les abusant sexuellement, qui procèdent à des « sexorcismes » (roqya) sur des femmes fragiles, etc. Comme les délits de calomnie et de diffamation ne sont constitués que lorsqu’on révèle explicitement et publiquement l’identité de bandits, si ceux-ci venaient à se reconnaître partiellement ou totalement dans cette énumération, qu’ils sachent que leurs plaintes n’auront pour effet que de les dévoiler.

A raison, les puristes opposeront qu’on ne doit pas, en principe, recourir aux lois « mécréantes » pour régler des différends entre Musulmans.[7] La question fera légitimement débat tant qu’il ne s’agira que de petites querelles de voisinages mais, à défaut de tribunaux spécifiques, les plaignants sont bien obligés de se tourner vers d’autres cours de justice pour châtier les forfaits. Ce qui est condamnable, c’est de porter devant des juridictions non-islamiques des affaires où la Charia concèderait un verdict moins favorable (par ex, pour la garde des enfants de divorcés). Et DIEU seul est Savant ! Nous L’invoquons pour qu’IL nous guide vers ce qu’IL aime et agrée !

Daniel-Youssof Leclercq

[1]
« Sera puni comme auteur le complice de l'infraction… Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation. Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre.». (Articles 121-6 et 121-7 du code pénal français).

[2] « Celui qui voit une chose répréhensible doit la redresser de la main (par la force), s’il ne le peut pas, de la langue (verbalement) et s’il ne le peut pas, du cœur (réprouver), mais c’est le moindre de la foi » (Mouslim 1/78 –Tirmizhy 31/11 – Nasa’y 47/17 – Abou Daoud 2/242, 36/17 – Ibn Majah 5/155 – Nawawy 40H/34.) « Assiste ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé…  – assister un oppresseur ? – En l’empêchant de commettre une injustice. » (Boukhary 46/4/1,2 et 89/7/2).

[3] « DIEU a maudit l’alcool, celui qui le boit ou le fait boire,  celui qui le vend ou le fait vendre, celui qui le fabrique ou le fait fabriquer et celui qui le transporte ou le fait transporter. » (Abou Dawoud 25/2)

[4] « Ho, les croyants ! Allons ! debout, témoins pour Dieu avec justice ! fût-ce contre vous-mêmes ou contre père et mère ou proches parents, et qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux ; car Dieu a priorité sur les deux. Ne suivez donc pas les passions, afin d'être justes. Si vous louvoyez ou si vous devenez indifférents, alors oui, Dieu demeure bien informé de ce que vous faites. » (Coran 4 :135).

[5] Comme vivre d’expédients, travailler au noir, télécharger illégalement, frauder auprès de l’Administration fiscale ou pour profiter des aides sociales, ne pas régler ses contraventions, etc.

[6] « Celui qui cache les fautes d’un Musulman, DIEU cachera les siennes dans ce monde (au Jour de la Résurrection) et dans l’autre. » (Ibn Majah 0/17 et 20/5 – Ibn Hanbal 4/62, 104 et 5/375).

[7] « Et quiconque ne juge pas d'après ce que DIEU a fait descendre, eh bien, les voilà les mécréants… …Et quiconque ne juge pas d'après ce que DIEU a fait descendre, eh bien les voilà les prévaricateurs… …Quiconque ne juge pas d'après ce que DIEU a fait descendre, eh bien, les voilà les pervers. Et vers toi Nous avons fait descendre le Livre (le Coran) avec vérité, en tant que confirmateur du Livre qui était devant lui et en tant que son protecteur. Juge donc parmi eux d'après ce que DIEU a fait descendre, et ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t'est venue… …Et que tu juges parmi eux d'après ce que DIEU a fait descendre. Et ne suis pas leurs passions. Et prends garde qu'ils ne te tentent de t'éloigner d'une partie de ce que DIEU a fait descendre vers toi.» (Coran 5 :44-50)

 

 

Commentaires  

 
+2 #7 VIDEO EMOUVANTE 2013-02-01 11:52 As salam alaicoum wa rahmatou llahi wa barakatou

Conversation Émouvante Dans Un Call Center Au Maroc !!!


Sincèrement émouvant !!!

Écoutez là jusqu'à la fin !!!!!!!!

www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=SZt4rBDqHn8

MASHA'ALLAH
l' interlocutrice de Belgique de 93 ANS

lâ hawlâ wa lâ quwwata illabillâhi-l-'aliyyi-l-'Adhîm
Allah ihdina ou ihdi al jameh al moslimine
AMIIIIIIIIIIINE
La Ilaha Illa Allah, Mohammed Rassoulou Allah

Fi aman ALLAH
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+5 #6 dyoussof 2013-01-27 17:09 Citer:
@Daniel-Youssof Leclercq
Bonjour,
J'aime beaucoup vos articles, ils sont empreints d'une sincérité dont la communauté a bien besoin, et cela reflète toujours la triste vérité, à quand un livre?
JazakALLAHou rheire pour votre intérêt. Je rédige péniblement un livre de vulgarisation de l'Islam "Soumission de plein gré" dont je partage les chapitres achevés avec les amateurs. Il est consultable ici : integritydyl.wordpress.com/mes-travaux/soumission-de-plein-gre/. Wassalamou alaykoum.
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+2 #5 HADITH DU JOUR 2013-01-25 10:42 As-Salâmou 3laykoum wa RahmatouLah wa barakatouh,

Lorsqu'un peuple voit un mal et ne le change pas

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

D'après Abou Bakr (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et son salut soient sur lui) a dit: « Certes lorsqu'un peuple voit un mal et ne le change pas, Allah les châtie tous autant qu'ils sont ».
(Rapporté par Nasai et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Targhib n°2317)
عن أبي بكر رضي الله عنه قال النبي صلى الله عليه و سلم : إن القوم إذا رأوا المنكر فلم يغيروه عمهم الله بعقاب
(رواه النسائي و صححه الشيخ الألباني في صحيح الترغيب و الترهيب رقم ٢٣١٧)

~~~~~~~~~~~~~~~ ~~~~~~~~~~~~~~~ ~~~~~~~~~~~~~~~ ~~
Et ne foule pas la terre avec orgueil :
tu ne sauras jamais fendre la terre et tu ne pourras jamais atteindre la hauteur des montagnes!

wa salam
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+5 #4 dyoussof 2013-01-24 18:01 Multi-citer Abdellah Ouahhabi:
là, tu roules pour qui Daniel Leclerc ?
tu ne veux pas être plus explicite ?
Tu n'aurais pas une demande de subvention en cours ?
Allez donc visiter mon blog integritydyl.wordpress.com/ pour voir pour qui je roule et pour satisfaire votre curiosité, si vous êtes de bonne foi et au lieu de supposer je ne sais quelle élucubration très éloignée de mes préoccupations. Mais, comme on a souvent tendance à projeter sur autrui ses propres travers, je vous retourne vos propres interrogations.
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+10 #3 ayam 2013-01-21 22:16 @Daniel-Youssof Leclercq
Bonjour,
J'aime beaucoup vos articles, ils sont empreints d'une sincérité dont la communauté a bien besoin, et cela reflète toujours la triste vérité, à quand un livre?
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-9 #2 Abdellah Ouahhabi 2013-01-21 00:51 là, tu roules pour qui Daniel Leclerc ?

tu ne veux pas être plus explicite ?

Tu n'aurais pas une demande de subvention en cours ?
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0 #1 Salim94 2013-01-21 00:14 La complicité, au sens pénale, ne peut être passive : pour être complice, il faut être actif et accomplir des actes positifs.

Ne pas dénoncer une infraction dont on a connaissance, ce n’est pas en devenir complice au regard du droit pénal. Toutefois, cela constitue un comportement répréhensible lorsque cela concerne un crime (ex : un meurtre ou un viol). C’est une infraction à part entière, distincte du crime en question: la non dénonciation de crime, prévue à l’article 434-1 du Code pénal.

La complicité, comme tout acte infractionnel, se compose d’un élément dit matériel, un acte, et d’un élément dit moral, une intention.

La complicité n’est pas une infraction, mais une modalité de la commission de l’infraction : le complice est celui qui participe à l’infraction à côté de l’auteur (celui qui commet lui-même l’infraction), sans exécuter les mêmes actes que celui-ci (ex : 2 agresseurs, mais seulement l’un d’eux, l’auteur, porte les coups et l’autre fait le guet, le complice).

Il faut en effet bien distinguer la complicité de la coaction, dans le cadre de laquelle plusieurs participants commettent les mêmes actes infractionnels en même temps (ex : 2 agresseurs qui agressent ensemble et portent tous les 2 des coups).

Dans la complicité le complice participe à l’infraction commise par l’auteur, dans la coaction le coauteur commet l’infraction avec l’auteur.
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