Algérie: le retour du FIS
Écrit par Ilyess   
Lundi, 20 Juin 2011 12:47

Le gouvernement algérien envisage aujourd'hui de réhabiliter l'ex-Front islamique du salut, interdit depuis 1992 dans le pays. Tout ça pour ça… En Algérie, le pouvoir —du moins l’une de ses branches proche du président Abdelaziz Bouteflika— envisage de permettre le retour en politique des militants de l’ex-Front islamique du salut (FIS) après près de vingt années d’interdiction. Commençons par un petit retour en arrière pour comprendre l’ampleur et la portée à la fois symbolique, politique et émotionnelle d’un tel événement.

Le 26 décembre 1991, le FIS, qui dirige déjà la majorité des municipales depuis juin 1990, obtient la majorité presque absolue dès le premier tour des premières élections législatives pluralistes, les premières organisées depuis l’indépendance. Le score est sans appel: 188 sièges pour le parti islamiste, 25 pour le Front des forces socialistes de Hocine Aït-Ahmed et 16 pour le Front de libération national (FLN), parti unique jusqu’en 1989, date de l’adoption d’une Constitution qui consacre le multipartisme.

En Algérie comme ailleurs, le choc est immense. Pour le second tour, le FIS est en mesure de rafler la majorité absolue, ce qui lui permettrait de réviser la Constitution voire de proclamer une nouvelle République —islamique bien entendu. Tout va alors très vite. Des personnalités politiques, parmi lesquelles Saïd Sadi du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) mais aussi des membres de la société civile et des intellectuels (nombre d’entre eux seront assassinés par la suite) en appellent à l’armée pour «sauver l’Algérie».

Le 11 janvier 1992, les généraux «démissionnent» le président Chadli Bendjedid suspecté de s’accommoder d’une victoire du parti religieux. Le scrutin est annulé, le second tour n’aura jamais lieu et l’Algérie va entrer dans la pire période de son histoire depuis 1962.

Très vite, les violences ensanglantent le pays. Le 9 février de la même année, l’état d’urgence est proclamé —il ne sera levé que le 24 février 2011! Le 4 mars, le FIS est dissout par le tribunal administratif d’Alger. Nombre de ses militants sont arrêtés et envoyés sans jugement dans des camps au Sahara. D’autres passent dans la clandestinité et rejoignent les maquis et les groupes armés déjà existants.

De 1992 à 2000, date généralement admise pour désigner la fin de la guerre civile algérienne, les affrontements vont faire entre 150.000 et 200.000 morts et près de 14 milliards d’euros de dégâts matériels. Depuis 1992, le courant représenté par le FIS, ses militants et ses dirigeants sont exclus de la vie politique, même si certains bénéficient d’une amnistie à l’occasion de la Concorde civile voulue par le président Abdelaziz Bouteflika en 1999 et la Charte de réconciliation nationale de 2005.

Aujourd’hui, le gouvernement algérien envisage donc d’amnistier près de 7.000 prisonniers ayant appartenu au FIS et négocie la réintroduction de ce parti dans la vie politique. Les discussions sont menées d’un côté par Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN et proche du mouvement islamiste (il fait partie de ceux que l’on appelle les barbo-FLN) et, de l’autre, par les chouyoukhs Abdelfattah Zeraoui Hamadache et Hachemi Sahnouni, l’un des fondateurs du FIS.

«Les discussions tournent autour de plusieurs points, confie un haut responsable algérien qui souhaite conserver l’anonymat. D’abord, la liste des personnes dont l’amnistie devrait être annoncée à l’occasion de la fête de l’indépendance nationale, le 5 juillet prochain.»

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Les Algériens divisés
A priori, les membres du Groupe islamique armé (GIA, créé en juin 1992) ou du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, créé en février 1998) dont une branche est devenue al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI, 2006) impliqués dans des attentats et des massacres collectifs devraient être exclus de cette amnistie. Toutefois, les négociations portent sur des noms emblématiques de l’ex-FIS tel qu’Anouar Haddam, exilé à l’étranger dès janvier 1992. Des responsables de groupes armés sont aussi concernés, à l’image de Abdelrazak, dit «el-Para», l’un des chefs du GSPC, qui pourrait lui aussi être absout.

Selon le haut responsable interrogé par SlateAfrique, l’autre grand axe des négociations concerne la possibilité «que les futurs amnistiés recouvrent leurs droits civiques et puissent se regrouper en parti politique.» Cela signifie-t-il que l’ex-FIS va être réhabilité? L’intéressé ne livre pas de réponse. Il est vrai que cette perspective indigne nombre d’Algériens, à commencer par les familles des victimes d’actes terroristes et tous ceux qui ne pardonneront jamais au parti religieux d’avoir entraîné le pays dans une terrible violence.

Bouteflika s'accroche
Pour autant, «rien n’empêche que l’ex-FIS fasse sa réapparition sous un nouveau label où le mot "islamique" aura disparu, pour respecter la Constitution», relève un ancien ministre qui rappelle tout de même que le pouvoir algérien est divisé sur cette question et que les négociations ont lieu sans que le Premier ministre Ahmed Ouyahia soit associé.

En réalité, ce qui se joue dans cette affaire témoigne du blocage politique de l’Algérie. Vingt ans après les élections de décembre 1991, le pays n’a guère avancé dans la voie du pluralisme démocratique. Le pouvoir issu de l’indépendance reste accroché à ses privilèges, refuse tout partage et s’oppose à toute alternance.

Face à une mouvance démocratique qui demeure fragmentée mais cherche à réunifier en profitant de la dynamique du printemps arabe, les dirigeants algériens semblent tentés de ressortir une vieille recette qui consiste à lui opposer un parti religieux, réactionnaire et peu enclin à défendre la démocratie. Encore une fois, le pouvoir algérien pense qu’il va perdurer en jouant sur un équilibre fragile entre courants politiques antagonistes et en les manipulant pour mieux régner.

Une autre lecture consiste à dire que le pouvoir algérien semble enclin à tenter une expérience à la turque, où un parti islamiste gouverne depuis 2002 sous la surveillance d’une armée qui, quoi qu’on en pense, n’a certainement pas dit son dernier mot. Seul problème, l’ex-FIS n’a rien à voir avec l’AKP, voire même avec le parti tunisien d’Ennahda qui ont fait leur mue, notamment doctrinale, et qui n’entendent pas —pour le moment— remettre en cause les règles de la démocratie.

Source : slate Afrique

 

 

Commentaires  

 
+1 #8 Aljazairi 2011-06-23 20:55 Multi-citer siham:
Etant Marocaine,[…]
de l'extérieur lointain c'est-à-dire l'Iran de KHOMEINI et son indélogie chiite
vienne par le biais des barbus empêcher mes frères Algériens de progresser et trouver enfin
cette paix la quiétude pour laquelle, ils se sont battus. Q'ALLAH VIENNE EN AIDE à
ce PAYS FRERE. IN CHA ALLAH

Ouf, heureusement que vous n'y connaissez rien ni en politique algérienne, ni d'ailleurs marocaine, cela va sans dire.
Autrement vous sauriez que la République islamique d'Iran, ne menace PERSONNE, sinon des gens comme vous qui boivent comme du petit lait, la propagande impérialo-sioniste contre tout pays musulman DIGNE et qui tente de faire "sa" révolution, à sa manière et selon "SES" traditions, propres et l’intérêt de "SON" peuple.
Contentez-vous d'aider à trouver une solution pour la faim au Maroc, pour un peu plus d'équité, et surtout veillez à limiter l'influence néfaste pour les peuples Maghrébins de la Cyrénaïque à Agadir, des Salafis wahabisés, qui tentent d'importer en Afrique du Nord malékite, la FITNA des wahabis, qui s'accommodent sans aucun problème de l'occupation d'Al-Qods, et du génocide des Palestiniens de Ghaza, mais passent leur temps à chercher les cils dans les yeux de NOS frères en Islam, les iraniens qui sont à des milliers de km de nos frontières, alors que les sionistes et les USA occupent la Palestine et l'Iraq, la terre de la civilisation plusieurs fois millénaire, qui a vu naître Sidna Ibrahim, as, et vu Baghdad, capitale de la culture universelle.
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+1 #7 Ismael 2011-06-23 19:00 Salam 'alikoum,
Le constat est"simple" pour un être humain doué d'un minimum de raison. Des éléctions démocratiques ont eu lieu dans un pays souverain. Le peuple a tranché,le FIS a remporté ces éléctions selon le choix du peuple algérien. Qui sont sont ces "intelectuelles" pour définir ce qui est bon ou pas pour ce peuple ? Peut-on imaginer un instant des hommes remetrent en cause l'éléction de…Sarkosy par exemple ? "demos" "cratos" soit liberté du peuple. Ils ont voulu introduire leur dogme et al hamdoulillah, il s'est retourné contre eux et à profiter à nos Frères et Soeurs. Et ce sont les mêmes qui ont poussé ce pays dans 10 ans de "guerre" civile. Aujourd'hui ils sont toujours là, ont profité de la vague anti-Islam depuis le 11/09/2001; Ils ont reussi à surfer et continue, jusqu'à quand ?
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-3 #6 siham 2011-06-23 03:57 Etant Marocaine, je ne veux pas me méler à la politique Agérienne.
Je peux simplement constater et me demander si le pouvoir des gouvernant de ce
Pays frère savent qu'est-ce qui est bon pour le peuple Agérien, qui a
tant souffer de la colonisation et tous les sacrifices des Algériens pour leur indépendance,
et voîlà que de l'extérieur lointain c'est-à-dire l'Iran de KHOMEINI et son indélogie chiite
vienne par le biais des barbus empêcher mes frères Algériens de progresser et trouver enfin
cette paix la quiétude pour laquelle, ils se sont battus. Q'ALLAH VIENNE EN AIDE à
ce PAYS FRERE. IN CHA ALLAH
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+8 #5 kamel 2011-06-21 01:56 (tous ceux qui ne pardonneront jamais au parti religieux d’avoir entraîné le pays dans une terrible violence.) le fis a gagner les elections ; il a ete spolier de sa victoire, donc comment pouvons nous l acuser d avoir entrainer le pays dans la violance alor qu il est la premiere victime des generaux et co qui ont mis le feu a l algerie Citer
 
 
+8 #4 Aljazairi 2011-06-21 00:37 L'information ne vaut pas 1 DA, et elle n'est que le fruit de divagations de l'auteur. Il reconnait 21 ans après, et après plus de 250.000 morts dus à la folie de généraux stupides qui ont trahi les principes du serment prêté par tout officier de "servir la patrie" et non point des intérêts anti-algériens ou de trahir la Constitution, que les SEULES élections démocratiques organisées et contrôlées par le pouvoir ont permis au FIS d'être plébiscité par le peuple UNANIME.
Les seuls, évidemment qui ont "appelé l'armée", pour "sauver LEUR Algérie", de privilèges, sont effectivement les partis créés par les services "occultes algériens", et bien entendu, les grenouilles en eaux troubles, qui vivent sur le dos du peuple, qu'ils disent "représenter", mais qui ne les a JAMAIS désignés pour ce faire, et pire, qui ne les connaît même pas.
Intellectuels, dites-vous ?… Allons donc, soyez sérieux, de qui parlez-vous ?
Certes, il y en a d'honorables, mais la majorité ne sont malheureusement ne sont que les "intellectuels ORGANIQUES du FLN", et si certains ont perdu la vie, il faut chercher les abominables criminels parmi leurs propres ex "amis", et c'est le moins que l'on puisse suspecter.
A croire que la vie humaine ne pouvait pas compter pour ces brutes assoiffées de sang, et pour qui la notoriété des victimes, était un fond de commerce pour vendre le slogan "les islamistes assassinent les intellectuels", pour s'acheter la bienveillance et la complicité de l'occident, qui aurait pu être un tant soi peu, critique quant aux violations des droits de l'homme, perpétrées par les Jannissaires algériens, qui ont décidé de "faire payer au peuple algérien", son mauvais vote pour un parti "islamiste", au moment même où l'Occident marqué par sa haine viscérale du "mahométan", se liguait contre tout ce qui pouvait choquer ses idéologies judéo-chrétiennes, ou pouvait raviver son racisme latent pour aussi bien le noir, le basané arabe, et pire, musulman.

Que Bouteflika, en fin de mandat s'avise de rendre justice aux victimes des miliciens terroristes et des forces d'insécurité, qui ont nourri les maquis avec leurs victimes, devenues par réaction, soit des terroristes, soit des "taupes" infiltrées dans les éléments de résistants, pour les disqualifier et les corrompre, je pense que ce ne peut-être que justice, mais hélas, Bouteflika est INCAPABLE de cette sagesse, ou plutôt, il n'en a pas les moyens, car le pouvoir est entre les mains de ceux qui ont été la cause de plus de 10 des 20 années de tyrannie cruelle, qui ont succédé au règne dictatorial depuis 1962.

Est-il possible de faire une vraie concorde, quand les auteurs des massacres de masse ne sont pas traduits devant les tribunaux et pire, quand ils siègent à l'APN, dirigent des partis politiques, et co-président les débats sur les "réformes", pire, pour certains, comme Nezzar, sont invités à donner leur "DIX COMMANDEMNTS" ?
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+7 #3 TERTEBOU 2011-06-20 22:15 C L ARMMEE ALGERIENNE QUI AS TOUT FAIT AU NOM DE GIA l histoire rappel par les ex derigents de cette armee satanique qui as tuer des femmes et enfants de la pire des maniere dans le but de salir et designier les islamistes comme des tueurs a gags
mais ceux qui on fait ca sont deja dans les mains du bon seignieur et la plus part d entre eux sont partis soit par une maladie grave et une crise cardiaque ,on gros les mains et peids devant, et les voleurs contunuent a voler
LA VACHE A LAIT est touour disponible
mais le peuple craive de fin ,mais celui la a touour tres certainement allah a ces coter comparer au autres .
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+8 #2 essaadi 2011-06-20 22:04 salem,
"Il est vrai que cette perspective indigne nombre d’Algériens, à commencer par les familles des victimes d’actes terroristes et tous ceux qui ne pardonneront jamais au parti religieux d’avoir entraîné le pays dans une terrible violence." CA ME FAIT RIRE ! QUI A ENTRAINE LE PAYS DANS LA GUERRE CIVILE ? QUI SONT LES VRAIS TERRORISTES ? LE PARTI "FIS" QUI A ETE ELU PAR LE PEUPLE OU CEUX QUI N'ONT PAS ACCEPTE CE CHOIX ET QUI ONT PREFERE MASSACRER LEUR PEUPLE POUR RECUPERER LE POUVOIR ? ENCORE UNE FOIS ON RETOURNE LA SITUATION POUR ACCUSER LES MUSULMANS ! les vrais terroristes sont ceux qui veulent étouffer l'Islam par tous les moyens possibles et surtout par la violence… MAIS DIEU EST GRAND ET IL LAISSE LES IGNORANTS AGIR POUR MIEUX LES PUNIR !
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+7 #1 be 2011-06-20 20:33 ces attentats et ces massacres collectifs ont ete aussi commis par l'ARMEE ALGERIENNE!!!!! !!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!! Citer
 

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