Les Musulmans de France, au plus qu’imparfait
Écrit par Ilyess   
Mercredi, 02 Février 2011 01:01

En général, les minorités, ethniques, politiques ou religieuses, sont très discrètes sur leurs agissements et ne sortent de leur réserve que lorsqu’elles sont assez organisées et puissantes pour faire respecter leurs spécificités. La Communauté Musulmane de France est l’exception qui confirme la règle.

Depuis le début du vingtième siècle, un grand nombre de Musulmans d’origine étrangère (1) s’est installé progressivement et durablement sur le territoire français. À l’instar des départements et territoires d’outre Méditerranée, pour canaliser et domestiquer ces ressortissants aux moeurs singulières, les Autorités françaises ont inauguré une institution «aux ordres» d’un nouveau genre, la grande Mosquée de Paris, et intronisé le «caïd (2)» qui présiderait désormais à ses destinées. Cette administration très spéciale a officié sans conteste pendant une cinquantaine d’années, laissant jusqu’à ce jour des séquelles autocratiques indélébiles au sein de la Communauté Musulmane de France.

À partir des années soixante dix, compte tenu des carences manifestes en la matière, des centaines d’associations cultuelles islamique ont surgi aux six coins de l’Hexagone pour maintenir ou rétablir un minimum de religiosité. Avec des effectifs et des moyens relativement limités, elles se sont employées à ériger et à diriger des lieux de culte rudimentaires. La générosité communautaire s’avérant insuffisante, elles ont parfois bénéficié de subventions non dépourvues d’arrières pensées. Les ingérences étrangères dans l’Islam de France n’ont cessé d’alimenter la polémique jusqu’à ce jour.

A compter des années quatre vingt, la révolution islamique iranienne a déclenché les espoirs des Musulmans et les aigreurs de leurs détracteurs, suscitant ça et là beaucoup d’émulations et de tribulations. L’Islam s’est alors réaffirmé avec force comme un modèle de société complet et révolutionnaire, en concurrence directe avec les autres systèmes d’inspiration capitaliste, socialiste, communiste, etc. Bon nombre d’associations, d’obédiences les plus diverses, ont compris l’intérêt de se réunir voire de se fédérer. Elles ont ainsi pu revendiquer une reconnaissance de la part des Pouvoirs Publics français et des droits équivalents aux autres communautés religieuses. Néanmoins, au lieu de collaborer entre elles de façon désintéressée, afin d’obtenir des retombées concrètes et profitables à toutes, elles se sont dénigrées et neutralisées mutuellement et s’en sont trouvées déconsidérées.

A l’orée des années quatre vingt dix, pour endiguer certaines ardeurs et revendications islamiques, les Pouvoirs Publics français ont suscité divers conseils de réflexion, hauts conseils et autres conseils réputés représentatifs. Les membres issus d’horizons divers étaient méticuleusement, arbitrairement et prioritairement sélectionnés parmi les pédants dociles, fascinés par les ors de la République et ayant une propension aux concessions religieuses à tort et à travers. Les légions d’honneur et les petits avantages de ces braves gens prévalant sur toute autre considération, leurs conciliabules mondains n’apportèrent évidemment aucune retombée substantielle pour la Communauté Musulmane.

Depuis les années deux mille la rivalité s’est accentuée entre les divers conseils, les organisations et autres fédérations islamiques autoproclamés, au point que c’est désormais à celui qui fera le plus de concessions hérétiques pour rester ou devenir le « chouchou à son maimaître ». Loin de résoudre les problèmes concrets auxquels sont confrontés les Musulmans de France, les divers débats sur le bien fondé de telle ou telle tradition islamique, les manifestations outrancières et les lavages de linge sale en public n’ont fait qu’accroître l’islamoclastie (3). Tant que les divers impétrants s’entêteront à vouloir imposer leur façon de voir et ne consentiront pas à tolérer que quiconque puisse vivre comme bon lui semble sur le Territoire National, il ne saurait y avoir d’amélioration notable de la cohabitation dans le pays (4). Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

Daniel Youssof Leclercq

1.- Issus des anciennes colonies d’Afrique du Nord et d’Afrique Noire mais également de Turquie.
2.- «Notable qui cumule des fonctions administratives, judiciaires, financières; chef de tribu(s) » (Eugène Fromentin, Un Été dans le Sahara).
3.- L’islamophobie exprime la peur de l’Islam. L’islamoclastie (iconoclastie) en vise carrément la destruction par haine.
4.- « C'est que DIEU, vraiment, n’en est pas à changer un bienfait fait à un peuple, tant qu’ils ne changent pas ce qu’ils ont en eux-mêmes. Et DIEU entend, vraiment, IL sait. » (Coran 8 :53)

 

 

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