Les faussaires de l’Islam
Écrit par Stéphanie   
Mardi, 25 Février 2014 22:38

La conception de l’honnêteté et de l’intégrité est fort différente chez ceux qui prétendent servir l’Islam. Pour devenir célèbres ou tout simplement pour se goinfrer, d’aucuns plagient sans scrupules les travaux des autres et se les attribuent en en modifiant sommairement les contenus.

Néanmoins, à décharge, pour favoriser la diffusion d’œuvres surprotégées sans rechercher de profit personnel, il sera à la rigueur possible de passer outre les exigences injustifiées voire mercantiles des légataires des grands auteurs.

Respecter les engagements des auteurs. Les écrivains donnent généralement des consignes claires, à l’oral ou par écrit, en ce qui concerne la diffusion de leurs œuvres et les bénéficiaires des droits d’auteur. Même lorsqu’ils ne demandent rien en retour, les auteurs peuvent être liés par contrat avec ceux qui ont financé leurs travaux lesquels ont ainsi acquis des droits d’exploitation inaliénables. Naturellement, les termes de ces accords doivent être formellement respectés par tous, aussi bien du vivant des contractants qu’à titre posthume, sauf quand les œuvres sont menacées de disparition parce que les ayant-droits n’en assurent pas la promotion.

Publier, voire pirater avec l’accord manifeste de l’auteur. Afin de ne pas contrarier un vieil éditeur de ses amis, qui pensait détenir les droits exclusifs de son livre « Initiation à l’Islam », le Professeur Muhammad Hamidullah[1] permit aux Étudiants de la Mosquée d’Alger de le rééditer « sous le manteau » en leur communiquant même ses mises à jour. Après avoir renégocié la clause d’exclusivité avec « le Club Français du Livre », éditeur initial de sa traduction du « Saint Coran », le Docteur Hamidullah autorisa une association islamique à la republier à l’étranger. Pour l’anecdote, quelques années plus tard, alors même qu’il avait donné son assentiment à la Société Al-Rajhi pour rééditer la dite traduction aux USA à fin de diffusion gratuite (waqf) dans les pays francophones, la dite association menaça de poursuites le mécène en se prétendant détentrice exclusive des droits.

Ne modifier le contenu d’une œuvre qu’avec l’assentiment de l’auteur. Dans la fable de La Fontaine qui les met en scène,[2] personne ne songerait à faire descendre le corbeau de son arbre ou à forcer le renard à y grimper, ni même à rectifier leurs propos (« perché sur un arbre » au lieu de « sur un arbre perché », « alléché par l’odeur » au lieu de « par l’odeur alléché »). Alors, même quand un écrivain se trompe ou se fourvoie, si son style voire son orthographe sont improbables, par honnêteté intellectuelle on ne retouche pas son texte (à son insu et à son détriment) en y substituant en douce sa propre version. Rédiger un ouvrage de réfutation voire un « remake » sera une démarche plus loyale ou, à la rigueur, faire figurer des notes explicatives/correctives bien distinctes (entre parenthèses ou dans la marge) dans le texte original.

Bannir les « copier-coller » avec remplacement d’un mot sur dix pour faire croire à de l’inédit. Les « manutentionnaires » du Complexe du Roi Fahd de Riyad en Arabie ont honteusement plagié la traduction du « Saint Coran » du Professeur Muhammad Hamidullah ; en fait, ils n’ont fait qu’inverser les phrases et remplacer méticuleusement « DIEU » par « ALLAH », en prenant soin de faire scrupuleusement disparaître la totalité des indispensables notes explicatives de ce grand érudit parce que certaines d’entre-elles déplaisaient à leurs « savants ». Quand bien même il est suivi d’une distribution gratuite de grande envergure, le procédé reste critiquable car il s’agit là non seulement d’une indéniable violation de la propriété intellectuelle mais d’un irrespect total de l’auteur et de son œuvre.

Ne pas s’attribuer illégalement ce qui ne nous appartient pas. Certains éditeurs indélicats, en mal de profit et partisans du moindre effort, écument « Internet » à la recherche d’ouvrages appréciés par le public pour se les approprier sans vergogne. Ils les contrefont partiellement et grossièrement, en escomptant que leurs propriétaires ne s’apercevront de rien et ne les traduiront pas en justice pour plagiat. Néanmoins, ils n’hésitent pas à menacer tous ceux qui s’avisent de faire de même avec leurs productions voire ce qu’ils se sont indûment arrogés.

Ne pas faire du business à tous prix avec l’Islam. Propager sa religion est louable surtout quand on le fait gracieusement. Malheureusement, dans beaucoup de domaines comme la culture, l’alimentation, l’habillement, l’information et même l’exercice du culte, la religion est devenue un créneau commercial comme un autre permettant aux « industriels » de se remplir les poches à bon compte, en s’auréolant de piété ostentatoire. Mauvais plan car, comme le stipule l’Envoyé de DIEU (ص), les actes ne valent que par les intentions qui les motivent[3]…

Daniel-Youssof Leclercq

[1] Éminent historien, chercheur et savant musulman (1909-2002), (رحمة الله علبه) originaire du Hyderâbâd (Sultanat annexé par l’Inde en 1947). Dignitaire en exil, le Docteur Hamidullah résida cinquante ans en France, conservant volontairement son statut de réfugié politique. Auteur d’une considérable littérature islamique polyglotte, originale et influente, il en fut l’ardent praticien.
[2] Le Corbeau et le Renard
[3] « Les actes ne valent que par les intentions ; Il ne sera tenu compte à chaque homme que de ses intentions. Pour celui qui a émigré en vue de DIEU et de Son Envoyé, son émigration lui sera comptée pour DIEU et Son Envoyé. Quant à celui qui aura émigré en vue de biens terrestres, ou afin de trouver une femme à épouser, l’émigration ne comptera que pour le but qui aura déterminé son voyage. » (Boukhary 2/41/1 – 1/1/1 – 49/6/2 - 67/5/1). « Un homme vint trouver le Prophète (ص) et lui dit : "Il y a des hommes qui combattent pour le butin, d’autres pour la gloire, d’autres par ostentation. Mais quel est celui qui se trouve dans la voie de DIEU ?" Le Prophète (ص) répondit : "Celui qui combat pour que la parole de DIEU soit au-dessus de tout, celui-là est dans la voie de DIEU". » (Boukhary 56/15/1). « Celui qui prie avec ostentation est un associateur[3], celui qui jeûne avec ostentation est un associateur, celui qui fait la charité avec ostentation est un associateur » (Musnad d’Ibn Hanbal 4/126).

 

 

Commentaires  

 
-1 #2 KA 2014-03-03 15:27 Partie II

Le second, est celui de l’édition saoudienne du Coran qui est distribuée GRATUITEMENT. Je possède l’une des premières éditions de cette version : j’ai toujours essayé de m’intéresser à ce qui touche de près à l’i(I)slam transmis aux non musulmans. Même la version du sioniste juif islamopathe adjoint au maire de Jérusalem (Le Matriciant, le matriciel …) je l’avais étudiée dès qu’elle a été diffusée !
Il est indiqué clairement dans la préface de la version saoudienne, quelle s’inspire largement de la version de notre professeur Muhammed Hamidullah que la miséricorde et la bénédiction d’ALLAH soient sur lui. On ne peut parler de plagiat (sauf si cette mention a été supprimée par la suite) ! Par ailleurs, j’estime que la version saoudienne (avis subjectif) est plus idoine (pour les non-musulmans ou les non arabophones). Je souligne que la version saoudienne a été plagiée et les pages d’introduction ont été supprimées. La mention « Directions des Recherches Scientifiques, de l’Iftâa etc.. » en a aussi été supprimée.
Je possède aussi la version du Pr Muhammed Hamidullah : ayant passé une partie de ma jeunesse dans le 19ème, tout près de la rue de Tanger : cela explique ma reconnaissance et ma tendresse pour notre défunt professeur (pour ceux savent faire le lien). Certaines ambassades (de pays musulmans non arabes distribuent gratuitement la version du défunt professeur).
Conclusion : si j’ai une doléance à formuler, elle serait que les musulmans prennent congé de leurs bisbilles. Éviter de personnaliser les débats, répandre l’entente et abolir les discordes objet si souvent (consciemment ou inconsciemment) de son propre égotisme.
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-1 #1 KA 2014-03-03 15:25 Partie I

Monsieur Leclercq,

Le sujet que vous venez de traiter est SANS aucun doute honorable ! Cependant, vos exemples tendent vers des contrevérités.
Le premier concerne l’inventeur de la pompe ultrahaute pression, est l’exemple de La Fontaine : ce GRAND plagiaire devant le seigneur ! Et ce n’est pas que moi qui le qualifie ainsi. Non seulement Voltaire souligne le mauvais style et le bas niveau littéraire de ce plagiaire, mais il ajoute qu’il n’y a pas 20% des écrits lui appartenant. Pour ceux qui ont lu Kalila wa Dimna, savent de qui, ce plagiaire avait pompé (en ultrahaute pression) la grande majorité de ces écrits ! Il y a 8 siècles le livre d’Ibn Al Muqaffâa avait été traduit en castillan. Nombre d’européens arabopathes ainsi que les sionistes ont essayé à tous prix d’imputer aux arabes leur génie littéraire et poétique pour le refiler aux indiens, aux incas, aux européens, même aux extra-terrestres s’il le faut. Mais surtout le refiler aux juifs. Il y a, à peine, quelques semaines, la TV française a remodelé l’histoire de l’Andalousie à sa sauce ! Selon ce documentaire, ce ne sont pas les juifs (une bande d’individus errants incapables d’écrire autre chose d’intelligible à l’exception de rêveries rabbiniques comme disait Voltaire) qui étaient disciples assis sur les bancs des écoles arabes mais plutôt le contraire ! Le premier livre intelligible des juifs, après s’être instruit sur les bancs des arabes, est le Michné Torah. Question : qui était le disciple de qui, Is’haq Ibn Maïmoun (Maïmonide) ou bien Abou Al-Walid Ibn Rushd (Avéroès) ! Remarquez SVP que même les noms des auteurs arabes ont subis une manipulation arabopathologiq ue (étude des troubles mentaux chez les arabopathes) afin de supprimer tout rapprochement avec ce qui est arabe: Ibn Rushd devient Avéroès, Ibn Sinâ devient Avicenne, Arrazi devient Razès, bref j’en passe et des meilleures !
(voir Partie II)
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