En Ile-de-France, les banlieues sont un passage compliqué pour les candidats
Écrit par Ilyess   
Mardi, 14 Juillet 2009 05:22

En Ile-de-France, les banlieues sont un passage compliqué pour les candidats
LE MONDE | 05.06.09  | Béatrice Jérôme


A Mantes-la-Jolie, Grigny, Montfermeil, Chanteloup-les- Vignes ou Montreuil : en Ile-de-France, tous les candidats aux européennes passent forcément par les banlieues. Mais l'Europe passe difficilement dans les quartiers. "L'Europe, ça se passe en haut ; en bas, y'a nous. A quoi ça sert qu'on vote ?", demandait Jalal, le 19 mai, à Pantin. "On a du chômage en France. On ne s'en sort pas au niveau local. Elle va faire quoi l'Europe ?" s'interrogeait Farouk, sur le marché de Mantes-la-Jolie, le 29 mai.


Pour autant, pas question pour les candidats de zapper les... ZUP ! Les banlieues sont d'autant plus labourées par le PS, l'UMP et le MoDem que, dans le peloton de tête de leurs listes, trois candidats incarnent le combat pour l'intégration et la diversité : Harlem Désir (PS), Rachida Dati (UMP), Fadila Mehal (MoDem). Chacun cherche à rallier sur son nom au-delà du discours sur l'Europe.

"UTILISE LE 7 JUIN"

Des trois, Harlem Désir est celui qui exploite le moins son image d'ex-militant antiraciste. "J'étais déjà tête de liste en 2004 et je suis député européen depuis 1999", insiste-t-il après un après-midi passé au Val-Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines), vendredi 29 mai.

Il ne joue pas de son passé d'ex-porte-parole de SOS-Racisme "parce que la population a été déçue par l'action de la gauche dans les banlieues", grince Sidi El Haimer, conseiller municipal (UMP) de Mantes. "Il n'y a pas d'agressivité envers lui de la part de la population, corrige Rémi Féraud, le directeur de campagne d'Harlem Désir et maire PS du 10e arrondissement de Paris. Les jeunes voient bien qu'il n'a pas la tête d'un techno."

Mais l'ex-"pote" n'adapte pas son message à son public : "Pour l'Europe, pour la gauche, contre Sarko, votez PS", répète-t-il. Du coup, l'argument laisse plutôt indifférents les femmes qui portent le foulard et les vendeurs de tissus et de djellabas. Avisant une jeune beurette, il lui lance : "Tu as le droit de vote ? Tu te bats pour que tes parents l'aient aussi, alors utilise le 7 juin." En aparté, le chef de file du PS glisse : "Les parents ne votent pas. Mais leurs enfants si !" Comme pour se rassurer.

Le 21 mars, Rachida Dati a réuni, au ministère de la justice, plus d'une centaine d'élus municipaux UMP franciliens issus de l'immigration. "C'est un vivier d'élus pour le parti", explique la garde des sceaux. Mais ils sont aussi autant de relais pour les européennes. Mme Dati a également réactivé les réseaux associatifs qu'elle avait commencé à tisser pour Nicolas Sarkozy pendant la présidentielle. Le 19 mai, elle était l'invitée d'une association de quartier à Pantin. A peine descendue de voiture, elle embrasse un marchand de kebabs, des femmes portant un foulard crient de leur balcon : "Rachida ! Rachida !"

A l'une des mamans qui l'interrogent pendant le débat, la garde des sceaux promet d'examiner son dossier de demande de naturalisation. Et avant de prendre congé, elle lance aux animateurs de l'association : "On a prévu de faire beaucoup de choses ensemble." "Elle a des couilles !, s'exclame Lila, chirurgienne d'origine algérienne dans un hôpital de Seine-Saint- Denis. Avoir réussi à devenir ministre, c'est extraordinaire." "C'est pour se donner une image auprès de nous pour la campagne qu'elle est venue nous voir, mais demain elle nous aura oubliés", s'inquiète Jalal. Autour de lui, la plupart de ses copains ne savent toujours pas à la fin de la soirée pour qui ils vont voter.

Fondatrice de l'association des Marianne de la diversité après les émeutes des banlieues en 2005, Fadila Mehal, numéro trois sur la liste du MoDem, a organisé une quinzaine de cafés-débats dans les quartiers sensibles. D'origine algérienne, impliquée dans le combat pour l'intégration depuis longtemps, elle assure ne pas chercher "contrairement à l'UMP à instrumentaliser pour la campagne" ses relais associatifs. A chaque réunion, elle s'efforce de "rapprocher, une Europe lointaine, illisible, distante pour les gens". "C'est l'Europe qui a construit votre nouvelle médiathèque", lance-t-elle aux habitants de Grigny (Essonne), le 12 mai.

Mme Mehal surfe aussi, dit-elle sur "l'aura" de François Bayrou dans les quartiers. Depuis la présidentielle, "beaucoup de jeunes des cités sensibles ont de l'empathie pour le patron du MoDem, dit-elle, parce qu'il a eu un discours de rassembleur, une image de pacificateur". Pendant ses réunions de campagne, elle parle d'immigration, d'intégration, de la situation au Moyen-Orient, "parce que ce sont (mes) thèmes de prédilection et parce que les gens m'interrogent", assure Mme Mehal. Elle prépare ainsi le terrain au MoDem pour d'autres combats électoraux, au-delà des européennes.

 

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