UAM77 : La communauté musulmane ne peut pas accomplir l’Aïd, faute de moyens
Écrit par Ilyess   
Jeudi, 01 Octobre 2015 22:33

Les musulmans fêtent ce jeudi pendant trois jours l’Aïd Al Adha. Un rite durant lequel les fidèles sacrifient un animal, puis mangent la viande du sacrifice, en gardent et en offrent aux plus pauvres. Président de l’Union des Associations Musulmanes de Seine-et-Marne (UAM-77) qui fédère vingt-huit lieux de prière, Boudjema Hammache pointe les difficultés concernant l’abattage des agneaux.

Comment s’annonce cette fête pour vous ?

BOUDJEMA HAMMACHE. Ce qui a été mis à la disposition des Musulmans pour l’abattage des agneaux est insuffisant. Le département compte quatre abattoirs, à Meaux, Jossigny, Coulommiers et Montereau. Quatre lieux qui accueillent aussi des populations de Paris, de Seine-Saint-Denis et de l’Essonne. Résultat : la communauté musulmane de Seine-et-Marne ne peut pas accomplir l’Aïd par manque de moyens. On souhaite que les autorités soient à l’écoute de l’écrasante majorité silencieuse.

Pourquoi est-ce un problème ?

La question n’est pas seulement d’avoir la viande. C’est la plus grande fête qui soit pour les musulmans du monde. C’est la satisfaction pour soi et pour partager avec le voisinage et les nécessiteux. Cela part du sacrifice d’Abraham à qui Dieu demandait de sacrifier son fils ; et l’Ange Gabriel lui a apporté un agneau. Chrétiens, musulmans et Juifs ont la même origine. Ce manque d’abattoirs, c’est dur. Imaginez les magasins fermés un 24 décembre, veille de Noël !

Pourquoi ces abattoirs ne satisfont-ils pas la demande ?

Selon les chiffres officiels, les quatre abattoirs réunis tuent chaque jour 4 800 agneaux au maximum. Soit 14 400 en trois jours. Or, nous sommes plus de 35 000 musulmans dans ce département ! Alors certains prennent le risque d’acheter et d’abattre eux-mêmes leur agneau. Nous le regrettons. Ils s’exposent à une lourde peine : depuis la loi du 17 mars 2014, l’abattage clandestin d’un ovin est devenu un délit passible de six mois d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

Vous avez d’autres revendications sur le déroulement de cette fête ?

On veut aussi avoir une meilleure traçabilité de la bête. On souhaite aussi avoir des garanties sur la conformité de l’animal par rapport à notre religion : il doit avoir plus de six mois, être intact, sans blessure ni œil borgne, etc. L’égorgement ne peut commencer qu’après la prière de l’Aïd. Mais, dans le passé, certains revendeurs voulaient être livrés avant.

Quelles solutions proposez-vous ?

L’UAM-77 propose de pouvoir vérifier la conformité du cheptel avant son abattage. Depuis 2008, on propose aussi aux autorités de trouver un terrain en dehors des villes, d’y installer des bennes, de l’eau, des moutons conformes et d’y organiser l’abattage en respectant évidemment les normes sanitaires. Mais on n’a jamais eu de réponse.

Le prix des animaux vous gêne ?

Un agneau coûte normalement entre 120 € et 140 €. Mais lors de l’Aïd, on nous le vend 260 € à 300 € ! L’État ne veut pas intervenir…

Source : Le Parisien

 

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