Ramadan : politiques en pèlerinage
Écrit par Ilyess   
Samedi, 21 Juillet 2012 15:17

Ce samedi, deuxième jour du ramadan, Manuel Valls est l’invité de la Grande Mosquée de Paris. Avec le début du ramadan, la saison des iftars officiels, repas de rupture de jeûne au coucher du soleil, redémarre. L’inamovible Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, ouvre, ce samedi soir, les festivités en recevant le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Un joli coup politique au moment où la bataille fait rage, à nouveau, pour le contrôle du Conseil français du culte musulman (CFCM) entre les grandes fédérations musulmanes de l’Hexagone. Il y a une dizaine de jours, la Grande Mosquée de Paris avait annoncé brutalement qu’elle quittait le CFCM critiquant sa «gestion autocratique».

Pendant le ramadan, beaucoup de responsables politiques, ministres ou maires, assistent à un repas de rupture du jeûne. Ces dix dernières années, les iftars sont devenus, après les attentats du 11 septembre 2001 et la prise de conscience du poids politique de l’électorat musulman, un rendez-vous politico-religieux prisé. Ils marquent aussi symboliquement l’intégration de l’islam dans le paysage français et républicain. En 2007, la Grande Mosquée de Paris avait reçu successivement le Premier ministre, François Fillon, et le président de la République, Nicolas Sarkozy. Les années suivantes, le CFCM avait organisé des iftars très prestigieux au pavillon Dauphine à Paris, réunissant nombre de personnalités politiques et religieuses. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, François Bayrou avait été reçu officiellement par l’UAM-93 (Union des organisations musulmanes de Seine-Saint-Denis) qui soutenait sa candidature. Localement, beaucoup de mosquées organisent, elles aussi, des iftars officiels accueillant, à cette occasion, le maire, le député, le préfet, l’évêque…

forces vives. Reprenant une tradition instaurée par Bernard Kouchner, au quai d’Orsay, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, recevra pour un iftar le 23 juillet les ambassadeurs des pays musulmans et les responsables musulmans français. Mais l’iftar le plus couru de Paris est sans conteste celui qui aura lieu, le 26 juillet, dans les salons de l’ambassade des Etats-Unis. Tout ce que compte l’Hexagone de forces vives musulmanes, entrepreneurs, intellectuels ou responsables associatifs, y sont régulièrement conviés depuis quelques années pour un iftar au cours du ramadan.

Cette année, «le ministre vient à l’invitation de la Grande Mosquée de Paris», précise Slimane Nadour, directeur de la communication de l’institution. Autour de Manuel Valls, il y aura une centaine d’invités, des responsables musulmans pour la plupart. Président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), la branche française des Frères musulmans, Ahmed Jaballah, l’allié du moment de Boubakeur qui ne siège plus non plus au CFCM, figure parmi les invités. L’occasion d’une explication avec Manuel Valls ? L’UOIF était plutôt en froid, ces derniers temps, avec le ministre de l’Intérieur. Mais, à la Grande Mosquée de Paris, il n’y aura pas Mohammed Moussaoui, le président du CFCM ; l’absent de marque n’a pas été invité. De son côté, comme l’an passé, le CFCM n’organise pas d’iftar officiel. «Dans le contexte, cela aurait été mal interprété», confie Mohammed Moussaoui. Il laisse bien malgré lui sans doute le champ libre à la Grande Mosquée de Paris qui n’a pas eu ces pudeurs.

Menant actuellement une concertation afin d’aboutir à un projet de réforme du CFCM, Moussaoui prévoit, lui, d’organiser un repas officiel, en octobre, lors de la grande fête musulmane de l’aïd-el-kébir. L’exercice s’avère donc délicat pour le ministre qui pourrait assister (ce n’est pas encore confirmé officiellement) à un autre iftar, le 1er août à Clichy-sous-Bois, organisé cette fois-ci par l’UAM-93. En inaugurant, le 6 juillet, la mosquée de Cergy (Val-d’Oise), Valls avait fustigé les «divisions, les égoïsmes, les concurrences» qui paralysent le CFCM, en appelant à l’instauration d’un véritable islam de France, délié des tutelles étrangères. Depuis sa création, le CFCM est, de fait, l’objet d’une féroce bataille entre l’Algérie et le Maroc.

Source : Libération

 

 

Commentaires  

 
-1 #2 Yas 2012-07-26 16:28 et si on faisait les deux ?
s'occuper des necessiteux par des iftars collectifs et des élus par un iftar républicain
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+2 #1 Nadia B. 2012-07-25 17:13 Salam Alaykoum !

On ferait mieux d'offir l'Iftar aux necessiteux plutot qu'aux ministres !!!!
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