"Inquiétante" poussée d’antisémitisme dans les banlieues
Écrit par Ilyess   
Lundi, 16 Juillet 2012 12:15

Responsables du culte musulman et acteurs de terrain jugent "préoccupant" l'antisémitisme qui sévit en banlieue, mais estiment que le phénomène dont s'est récemment inquiété le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est ancien, remontant à une bonne dizaine d'années.

"Oui, il y a un antisémitisme dans ces quartiers. Cela fait 10 ans qu'on le dit", a affirmé à l'AFP Iannis Roder, professeur agrégé d'histoire dans un collège à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), qui travaille avec le Mémorial de la Shoah. Il impute le phénomène à "une minorité qui se fait entendre".

Mais, de son point de vue, "rien de nouveau, à part qu'un ministre de l'Intérieur dise (cela) de manière très lucide!" Pour lui, en 2001-2002, après les attentats du 11 septembre notamment, "une parole déjà existante s'est libérée" dans les classes.

M. Valls s'est alarmé dimanche sur Radio J d'un "antisémitisme qui est né dans nos quartiers, dans nos banlieues". "On n'hésite plus aujourd'hui à insulter, à frapper un citoyen parce qu'il est juif au nom même de son appartenance", a-t-il dit, mettant en cause de jeunes musulmans.

"Les musulmans de France ne comprennent pas et n'acceptent pas que certains, ouvertement ou insidieusement, mettent en doute leur adhésion pleine et entière aux valeurs de la paix et de la justice qui fondent notre pays, et jettent la suspicion et la défiance sur leur religion", a répondu fermement le Conseil français du culte musulman (CFCM).

"Au quotidien, il y a parfois des mots qui peuvent blesser mais qui relèvent de l'imbécilité. Il n'y a pas d'antisémitisme musulman", juge M'Hammed Henniche, président de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93). "C'est juste le point de vue d'une élite qui veut stigmatiser les musulmans."

Malek Boutih, député PS de l'Essonne et ancien président de SOS Racisme, fait, lui aussi, remonter le phénomène au début des années 2000. Comme la sénatrice EELV, Esther Benbassa, qui le relie à la seconde Intifada des Palestiniens contre le gouvernement israélien.

Iannis Roder rapporte "une obsession juive chez certains", "beaucoup de propos complotistes". "Quelques jours après l'affaire Merah, certains ont dit: C'est un coup des juifs."

"Compliqué de connaître la nature de l'agression"

En Seine-Saint-Denis, des sources policières interrogées par l'AFP n'ont pas noté récemment de "recrudescence" des actes antisémites par rapport aux dix dernières années.

Dans une grande ville de ce département, où se côtoient de nombreuses communautés, "il y a environ cinq plaintes par an pour dénoncer des propos ou des actes antisémites", indique une source policière. "Mais quatre fois sur cinq, l'enquête montre que l'identité juive de la victime n'a pas été la motivation de l'agresseur", précise cette source.

"C'est souvent compliqué de connaître la nature de l'agression", constate une autre source policière, qui note cependant "une sensibilité plus forte" des communautés, plus promptes à dénoncer des actes estimés racistes.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, a fustigé récemment l'antisémitisme, ce "fléau dont nous savons qu'il est devenu de plus en plus important chez certains jeunes appartenant à la communauté arabo-musulmane en France".

En plus d'un "discours politique fort et ferme", il va falloir "repenser la façon d'enseigner la Shoah", affirme Iannis Roder. "Se focaliser uniquement sur les victimes peut entraîner une concurrence victimaire. Il faut aussi travailler sur le processus historique et donc politique", explique-t-il.

Pour Malek Boutih, « il y a un problème d’action des pouvoirs publics ». « On est resté trop dans les déclarations de principe et les débats théoriques », estime le député, qui pense que « le ministre de l’Éducation doit trouver un moyen d’aborder ce thème dans les écoles ».

Source : France 24 - Le figaro

 

 

Commentaires  

 
+2 #5 yann 2012-07-17 17:09 Toute la différence est entre une lecture réductrice et littéraliste des textes comme le fait Pascal et une lecture intelligente… mais cela fait dériver du sujet essentiel qui est de savoir pourquoi les populations d'origine immigrée et populaire se sentent et sont objectivement doublement sous représentées dans les médias, dans les assemblées politiques, dans les partis alors que d'autres groupes, beaucoup plus fermés, riches et organisés, sont favorisés comme on peut le lire dans le dernier livre de l'ex ministre Roland Dumas par exemple, homme qui n'est ni un islamiste ni un bolchevik. Et chaque fois qu'il y a un crime ou un délit, le traitement médiatique n'est pas le même quand il s'agit d'un juif et quand il s'agit d'un Arabe ou d'un Noir. Citer
 
 
+2 #4 lass75 2012-07-17 15:48 Multi-citer Pascal Hilout, né Mo:
Et pourtant les musulmans à la maison comme à la mosquée et dans les centres culturels dits musulmans enseignent le Coran à leurs enfants. Il est plein d'amour et de tendresse pour les juifs et pour tous ceux qui ne sont pas musulmans.

Sur la tête voilée de ma mère, je vous jure que c'est la vérité si je mens !


Si l'on doit prendre les textes sacrés au pieds de la lettre sans les interpréter me permettez vous de citer certains passage de la Thora et du Talmud que manifestement vous ne lisez pas ?

Thora et Talmud qui est enseignée dans les synagogues… sur la tête couverte d'une perruque de…
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+1 #3 yann 2012-07-17 11:58 D'abord l'antisémitisme c'est un racisme biologique inventé au XIXe siècle et visant les Sémites, d'abord arabes puis juifs, et quasiment totalement vaincu en 1945. Il y a en revanche un phénomène nouveau: des méfiances entre communautés religieuses ou ethniques générées par l'inégalité de traitement, social, médiatique, économique, et par la prise de contrôle d'une partie dominante des organisations juives par le racisme sioniste. Et en réaction, il y a un extrémisme islamo-arabe qui se positionne sur les mêmes critères réducteurs ethno-ritualistes. On ne peut pas prendre l'effet pour la cause! et la majorité des citoyens de toute origine et de toute confession ne tombe pas dans la piège…mais les médias dominants jouent en permanence sur le diviser pour régner car l'ordre dominant est à bout de souffle et d'idées. Citer
 
 
-4 #2 Pascal Hilout, né Mo 2012-07-17 11:33 Et pourtant les musulmans à la maison comme à la mosquée et dans les centres culturels dits musulmans enseignent le Coran à leurs enfants. Il est plein d'amour et de tendresse pour les juifs et pour tous ceux qui ne sont pas musulmans.

Sur la tête voilée de ma mère, je vous jure que c'est la vérité si je mens !
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+2 #1 Denis Jaisson 2012-07-17 09:58 Jean-Marie Le Pen*: «les organisations juives ont besoin d'un plastron antisémite, pour exister (…) Quand il n'existe pas, elles l'inventent»

*"La traversée du miroir", France-5, 15/5/2011, www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=HeZZfor24qo
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