Nous devons soutenir la force de liberté des peuples libyen, tunisien, égyptien…
Écrit par Ilyess   
Vendredi, 25 Mars 2011 23:44

"Il aurait peut-être fallu les aider". C'est ce que pourront se dire les opinions publiques occidentales lorsque Mouammar Kadhafi, ayant repris le pouvoir, se livrera à de nouvelles frasques, plus ou moins grotesques mais en tous cas bien pales reflets de l'actuelle tragédie libyenne. Vu du terrain, en effet, sa victoire semble inéluctable tant les forces en présence sont disproportionnées… et le manque de soutien extérieur flagrant.

Humanitaires habitués aux situations de conflits, issus de diverses ONG, nous avons choisi d'aller ensemble en Libye, en totale conformité avec notre vocation quant à l'aide à porter aux victimes et au respect des droits de l'homme.

A la frontière tunisienne de Ras Ejdir, grâce aux efforts combinés des autorités, de la solidarité locale et des organisations internationales, les besoins de première nécessité pour plus de 120 000 personnes ont été couverts en un temps record. Les rapatriements vers les pays d'origine ont pu être organisés malgré toutes les difficultés logistiques, financières ou juridiques. Cependant, aujourd'hui encore, près de 13 000 personnes attendent dans un camp que les procédures les concernant aboutissent. Les soldats pro-Kadhafi ayant fermé cette frontière aux journalistes et humanitaires, nous avons fait le choix de rejoindre les zones de combats – au plus près des victimes – en passant par la frontière égyptienne.

Depuis le début du conflit, plus de 100 000 personnes ont transité par le poste égyptien de Salloum. Aujourd'hui, environ 2 000 refugiés d'origines diverses restent encore cantonnés dans ce no man's land qui caractérise parfois les zones frontalières. Tous, femmes et enfants inclus, couchent à même le sol, à peine protégés du froid par des couvertures, dans des conditions sanitaires précaires voire inexistantes. Malgré les difficultés, nos équipes tentent encore de trouver une solution permettant d'améliorer les conditions de vie de ces personnes.

Profitant d'un des nombreux convois humanitaires égyptiens, nous avons rejoint la ville de Benghazi, capitale de la résistance. A Tobrouk, Al Marj et Benghazi, nous avons pu observer l'excellence opérationnelle des structures de santé libyennes. Il peut manquer certains médicaments pour traiter des pathologies chroniques et le manque d'infirmières pèse parfois sur l'organisation des soins. Certes si le conflit devait encore prendre de l'ampleur et le nombre de victimes croître drastiquement, les hôpitaux pourraient, comme partout, être débordés. Ce n'est absolument pas le cas aujourd'hui.

L'essentiel est ailleurs. Sans une volonté politique ferme de la communauté internationale, et sa mobilisation rapide, urgente, l'espoir de ces jeunes libyens qui ont engagé leur vie pour faire de leur pays, un pays libre, s'éteindra. C'est parce que l'histoire n'offre que de rares opportunités comme celle-ci, que la communauté internationale a l'obligation morale de se mobiliser. A quoi bon les discours prétendant condamner les dictatures, voire appeler à leur chute, si la communauté internationale ne se montre pas capable de soutenir les mouvements populaires d'aspiration à la démocratie qui émergent ?

Beaucoup a été dit sur la force de l'espoir. Sa capacité a renverser des situations perdues d'avance. Mais l'espoir aussi s'entretient. Rien n'est pire qu'un espoir déçu, et celui un temps suscité par certaines prises de positions européennes mérite d'être relayé par les institutions internationales, au premier rang desquelles, naturellement, l'Europe et l'ONU. Les jeunes insurgés libyens en ont un besoin vital. Et si porter une arme à feu n'a peut-être pas suffi à faire d'eux les combattants dont l'histoire retiendra la victoire, le courage de leur engagement en a déjà fait des hommes libres. Pour combien de temps encore ?

SOUFFRANCE ET ESPOIR

Humanitaires, dont la volonté d'assistance n'entrave en rien celle du témoignage, nous tenons ici à rendre compte de trois choses que d'autres récentes actualités ne doivent pas faire oublier.

La première, c'est la souffrance du peuple libyen pris entre deux feux et à l'avenir problématique. Souffrance également des migrants bangladais, arabes ou sub-sahariens qui fuient les combats, l'incertitude économique ou encore le ressentiment de la population libyenne.

La seconde est l'immense, incroyable solidarité des Tunisiens et des Egyptiens qui, malgré les heures difficiles qu'ils ont vécu et vivent encore, continuent à envoyer des convois de nourriture, de vêtements, de couvertures et de médicaments vers les frontières ou les villes libyennes encore accessibles. Témoignages de solidarité d'autant plus forts que résultant d'une action citoyenne spontanée. Superbe symbole que ce soit de l'ambassade de Libye à Tunis même, désertée, que partent les convois. Pendant que la frileuse Europe se demandait comment empêcher d'hypothétiques vagues de migrants sur ses cotes méditerranéennes, de jeunes tunisiens et égyptiens chargeait des camions qu'ils acheminaient eux-mêmes sur des centaines de kilomètres. C'est bien grâce à eux que les dizaines de milliers de réfugiés de toutes nationalités ne souffrent pas de la faim et que les hôpitaux libyens sont à même de faire face à la crise.

La troisième chose que nous tenons à rappeler ici est le grand courage et le formidable espoir animant les jeunes Libyens ayant pris les armes contre Kadhafi. La plus puissante d'entre elles est sans doute la confiance que, malgré l'évidence, ils ont en la victoire. Ils sont jeunes, inexpérimentés, peut-être naïfs, mais aussi convaincus que la communauté internationale les soutiendra de façon concrète. Cette conviction nous semble profondément justifiée. La France a suscité un grand espoir en reconnaissant le gouvernement transitoire. Aujourd'hui, on peut voir à Tobrouk ou Bengazi des graffitis "vive la France" et quelques drapeaux tricolores dans les manifestations. Que cette prise de position de la présidence française soit avisée ou pas n'est pas notre affaire.

Il est à présent fondamental de soutenir cette force de liberté et d'être digne des espoirs engendrés, les peuples libyens, tunisiens, égyptiens, mais aussi tous ceux que révolte l'injustice de la situation nous regardent. Le courage de ces hommes parfois adolescents engagés dans ce conflit et les risques qu'ils prennent pour eux et leur famille ne rend que plus honteux le manque de réactivité de la communauté internationale. Tous les Libyens rencontrés, sans exception, demandent une seule chose, l'interdiction d'une zone de vol. Ni une intervention militaire au sol, ni même des armes, simplement de rendre ce combat un peu moins inégal.

Jacques Beres, co-fondateur et ancien président de Médecins sans frontières ;

Hassen Farsadou, président de l'Union des associations musulmanes du 93 (UAM-93) ;

Renaud Helfer-Aubrac, volontaire pour Pharmacie aide humanitaire ;

Didier Peillon, médecin urgentiste, président de Solidarité hospitalière.

Jacques Beres, Hassen Farsadou, Renaud Helfer-Aubrac et Didier Peillon, quatre humanitaires présents en Libye

Source : LEMONDE.FR | 17.03.11

 

Commentaires  

 
0 #4 Yousri 2012-09-21 16:03 Exactement, de qu'elle révolutions?????? L engagement pour la liberté en Lybie est à hauteur de 33%du brut, juste pour la France.les anciens ennemis d hier de la CIA, une fois amis,une fois ennemis, sontdans tous les conflits, tour à tour terroristes, puis j'irais tes, puis insurgés, puis combattants de la liberté, arrêtez de faire couler de l encre pour rien, à défaut de pouvoir à arrêter le sang qui témoigne du haut degré moral de çette liberté laïque, exportée de l occident, vers çeux qu ils veulent contrôler . Citer
 
 
+1 #3 Islam Right 93 2012-02-25 08:00 PAUVRES PEUPLES ARABO-MOUSLIM secoués en plein sommeil..

…Les peuples arabo-mouslims méritent effectivement mieux que ces dictateurs sanguinaires tels el assad père et fils, khadafi, roitelet de jordanie, quatar et usa, cheikh arabie de bush, ben ali, moubarrak, abdel nasser, boumedienne, les généraux harquis en algérie,boutefl ika et les voleurs, hassen 2 son fils Mohamed6 et leur Cia, etc etc toutes ces marrionettes soit manipulés par la cia et le sionisme, soit par la france et le sionisme, soit par les russes et leur athéisme…

Mais ..c'est un passage obligé, une transition dans ces pays avant d'entrevoir une véritable Charri'A…qui verra unir le monde islamique UN et indivisble.. pourchassons nos harkis respectifs düs à la colonisation et à l'anesthésie des esprits durant des décénies et des décénies…
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+1 #2 faridoune 2011-10-22 11:47 cette forece de liberté appoerté de l exterieur , bhl et cie, à qui vous allez feire croire ce mensonge grotesque!!!! Citer
 
 
+1 #1 faridoune 2011-10-22 11:46 salam,

le comble de lhypocrisie de cet ong, cela me fait rire, depuis quand ces gens s inquiette du malheur des peuples opprimés et vous tombez tous dans le panneau sobhanollah,mai s de quelle revolutions parlez vous!!!
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