L’IFESI : lettre ouverte aux grands hommes de science
Écrit par Ilyess   
Lundi, 13 Juin 2011 01:16

Lettre ouverte aux enseignants des Instituts donnant des cours de Sciences Islamiques en France.
Aux directeurs et enseignants des différents instituts d’enseignement en sciences islamiques en France. 
A toute personne qui pourrait m'expliquer si je suis simplement naïf et devrais arrêter de croire aux belles histoires lues dans les livres.

Mesdames, Messieurs,

Je souhaiterais interroger les grands hommes de science que vous êtes sur ma naïveté.

Vous n’êtes pas sans savoir que pendant plusieurs semaines, un institut en Sciences Islamiques était fermé au public pour des raisons de « sécurité » - l’IFESI situé à Boissy-Saint-Léger (94). Cette fermeture avait été décidée au motif d’un problème d'accès pour les personnes à mobilité réduite. Les aménagements avaient pourtant été faits, et il appartenait à la mairie de réunir une commission pour autoriser l'ouverture et permettre à des étudiants de terminer leur année scolaire, mais rien n’en fut. Après des semaines de mobilisation des étudiants, enfin, le jeudi 9 juin 2011, les ifesiens ont obtenu gain de cause, sans qu’aucun d’entre vous ne fasse quelque communiqué de soutien que ce soit.

Je dois l'avouer, je suis d'une nature plutôt naïve. Lorsque l’on a privé mes frères et sœurs de leurs cours, j’ai en effet très vite cru que mes coreligionnaires allaient les soutenir, que les autres instituts, pour le moins allaient produire un communiqué pour les rassurer, pour le plus, appeler à de grands rassemblements avec eux.

Quel naïf je suis, n’est-ce pas ? Quel naïf je suis d’avoir cru que mes frères allaient se manifester pour rassurer et conforter dans leur foi ces frères et sœurs qui se sont battus pendant plusieurs semaines pour récupérer leurs classes, dans cette foi qui m'enseigne que celui qui ne se préoccupe pas des affaires des musulmans n’est pas des miens, que la oumma est comme un seul corps, que lorsque l’un des membres de ce corps est touché, c’est toute la communauté qui est touchée.

Lorsque la décision a été prise de communiquer sur ce qui est apparu au fil des semaines comme étant certainement un dossier politique, beaucoup s’étaient étonnés de votre silence, de l'absence d'échanges entre administrations et enseignants des différents instituts. Une lettre ouverte avait été envoyée aux étudiants, dans laquelle leur silence face à ces événements avait été soulevé. Naïvement beaucoup étaient partis du principe selon lequel ces étudiants étaient forcément au courant de la situation que vivaient leurs frères et sœurs de l’IFESI, puisque leurs enseignants avaient certainement du leur en parler. Les réactions à cette lettre ont été surprenantes. Beaucoup ignoraient tout de cette affaire. Des contacts ont alors été pris entre étudiants des différents instituts. Nombre d’entre eux ont en effet répondu favorablement à ce courrier, et un mouvement collectif semblait devoir se mettre en place pour défendre le droit d'apprendre.

Mais très vite une conclusion allait devoir s’imposer. Vos colères les uns envers les autres, vos haines ont même dit certains étaient plus forts que l’intérêt général qui devait prévaloir ici. Nous allions apprendre que des délégations, issues des rangs des étudiants de l'IFESI, s’étaient présentées dans vos différents instituts afin de vous demander l'autorisation de parler à vos élèves des problèmes que connaissaient leurs coreligionnaires de Boissy-Saint-Léger, mais nous allions aussi apprendre que des administrations avaient refusé à ces délégations de s'adresser aux étudiants. La déception n’allait pas s’arrêter là. Des étudiants qui avaient consulté leurs maîtres sur le soutien qu'ils s'apprêtaient à apporter à leurs coreligionnaires, furent découragés dans leur envie d'être présents pour leurs frères et sœurs, découragement alimenté par des repas de chaire humaine. Nous ne vous relatons ici que les versions les moins choquantes de ce que nous avons appris. Certains prétendaient même connaître le dossier au point d’estimer que l’Ifesi ne pourrait plus ouvrir ses portes.

Nous avons alors patienté pensant que votre intelligence se manifesterait pour lever ces colères et haines. Aussi, lorsque ordre a été donné de déloger violemment ces jeunes pacifistes parce qu'ils avaient osé faire savoir leur mécontentement calmement, sans excès, nous pensions que vous alliez chercher à savoir ce qui se passait, mais rien n’eut lieu.

Lorsque quatre de ces jeunes gens se sont retrouvés en garde à vue, et que des médias ont classé cet événement dans la rubrique "terrorisme" de leur journal, nous pensions que vous alliez vous indigner d'un tel acte, mais rien et nous avons patienté.

Lorsque des jeunes gens se sont lancés dans une grève de la faim, qu'ils ont été menacés d'être violemment délogés malgré cette action pacifique, nous avons pensé que vous alliez vous manifester, mais rien, et nous avons patienté.

Lorsque des grenades lacrymogènes ont été lancées sur des hommes, femmes et enfants alors qu'ils manifestaient pacifiquement, toujours et encore, nous avons pensé que vous alliez vous indigner, mais toujours rien.

Mais aujourd'hui nous ne pouvons plus patienter, aujourd'hui nous sommes las de vos querelles et de vos haines. Aujourd’hui en France des femmes, des enfants, des hommes qui manifestaient calmement ont été violentés, des jeunes hommes ont entamé des actions pacifiques pour la réouverture d'un institut d'enseignement, et ceux qui devaient être à leur coté ont été aux abonnés absents.

Pourtant nous avons cherché, nous avons fouillé la toile afin de trouver une quelconque réaction de votre part, un mot, un simple encouragement, mais nous avons cherché vainement. Aucune des grandes associations musulmanes ne s'est exprimée, CFCM, CRCM, UOIF, RMF, FNMF, silence total, seule l’une d’entre elles a relayé l’information régulièrement, et nous saluons ce geste de l’UAM 93. Nous pouvons trouver une excuse à ces associations, elles semblent se complaire dans leur inaction, leur inutilité, elles semblent se complaire à être qualifiées de « Conseil Français du Couscous et de la Merguez », ou de « Conseils des Représentants en Couscoussières et Merguez », et malgré que nous soyons outrés que nos impôts aient permis de mettre en place des organismes aussi fantoches, nous ne leur en voulons pas, parce que nous avons compris depuis bien longtemps donc que nous ne devions rien attendre d'eux.

Mais vous, chers maîtres, vous et vos enseignements que vous prodiguez chaque semaine depuis tant d'années, vous et ce modèle que vous souhaitez voir vos élèves imiter, où étiez-vous? Qu’avez-vous fait? Que disiez-vous?

Pendant combien de temps allez vous rester des élites du texte qui n’en tirent pas la substance permettant de faire. Comment avez-vous pu continuer dans votre inertie, loi du 15 mars 2004, loi contre le niqab, bientôt une loi pour interdire aux femmes d'accompagner leurs enfants lors de sorties scolaires, bientôt une loi qui légalise la discrimination à l'embauche des femmes portant un voile, même dans le secteur privé. Où êtes-vous donc?

Suis-je réellement naïf de croire que vous auriez du être là ? Ne suis-je bon qu’à lire des histoires pour enfants dans les livres, car ces histoires n’arriveraient pas dans la vraie vie de tous les jours ?  Comment pouvez-vous accepter cela sans réagir ? Votre colère les uns envers les autres, votre haine, encore une fois, vous a-t-elle aveuglé à ce point ? Comment vous sentez-vous lorsque vous devez enseigner le pardon et sa valeur à vos élèves ?

Votre cœur ne tremble-t-il pas lorsque vous arrivez à ce chapitre de la vie de ce grand homme qui, alors qu’il avait tout entre ses mains, alors qu’il aurait pu d’un geste éliminer ceux qui l’ont tant brutalisés, qui lui ont fait tant de mal, alors qu’il aurait pu d’un geste, d’un regard même éliminer cette femme, qui l’a tant insultée, qui a tué son oncle qu’il avait tant aimé, et qui l’avait tant protégé. Mais non, il a pardonné, parce qu’il savait sa cause plus grande que sa vengeance, il savait que ce geste signifiait bien plus que ce qu’il aurait pu demander. Vos gestes d’apaisement, vos pardons respectifs seraient bien plus grands que vos colères encore présentes. Demain, fermer un institut, une mosquée, ou une école pourrait être tellement facile. Qu'est-ce qui peut empêcher n'importe quel maire de décider que telle école ou mosquée doit fermer du jour au lendemain? Plus de 200 de vos frères et sœurs se sont retrouvés à la rue et ils vous ont demandé votre soutien pour avoir le droit d’apprendre, et vous n’avez pas considérez cela comme important ? Et vous n’avez pas jugé important d’être là ?

Qu’avez-vous dans le cœur lorsque vous relatez la vie de cet homme pour qui le pardon était hygiène de vie. Ne savez-vous pas pardonner ? Ne savez-vous pas oublier ? Ne savez-vous pas qu’un jour vous aussi rendrez des comptes ? Combien de temps allez-vous continuer ainsi ? Quand allez-vous comprendre que la multiplication des écoles musulmanes en France est une richesse ? Quand allez-vous cesser de réagir en fonction de vos colères passées lorsque vous collaboriez dans un même but? Six millions de musulmans en France, et vous ne pensez pas qu'il y a assez d'enfants à éduquer?

La déception au vu de ce qui s'est passé ces dernières semaines est telle que nous ne vous demandons même pas si vous allez féliciter ces jeunes gens pour leur persévérance et l'exemplarité de leur mouvement. La réponse nous est déjà connue. En fait pour conclure, ces quelques lignes peuvent se résumer par quelques mots qui nous ont été soufflé au cours de différentes conversations : il ne s'agissait pas ici de sciences islamiques, de savoir, de cheikh, mais de logique humaine tout simplement.

Répondez moi chers Maitres, suis-je naïf ? Dois-je aller étudier comme vous dans de grandes universités islamiques pour revenir enseigner que ces histoires ne sont bonnes que dans les livres ?

Votre élève respectueux de la science qu'IL vous a permis d'avoir

 

 

Commentaires  

 
0 #13 abdou 2011-06-16 09:18 Ayant fait quelques mois d'études à l'ifesi il y a quelques années , je peux vous dire que le directeur de l'ifesi était un dictateur vis-à-vis des professeurs et lorsque un problème a lieu, il a dit que c'est son institut et il n'y a que lui qui décide ..j'étais étonné et j'ai quitté l'institut depuis,..alors :"qui sème le vent récolte le tempête" Citer
 
 
+1 #12 pascal boularand 2011-06-15 20:04 Le camarade est un peu mégalo. J'aimerai qu'il m'explique ce que sont les "grands hommes"…
Une longue, trop longue dissertation destinée à discréditer les représentants du culte musulman.
Un texte rempli de poncifs qui n'est destiné qu'à son auteur et qui ne fait avancer ni la conscience religieuse, ni la conscience sociale…
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0 #11 Un élève 2011-06-15 04:44 Dans la lettre nous ne mentionnons pas la Mosquée de Paris non par quelque partie pris que ce soit mais simplement par équité. Les étudiants de l'Ifesi nous ont en effet informé qu'ils avaient eu un contact avec cette organisation, qui n'a certes pas fait de communiqué, mais qui les a reçu.
Aussi par souci d’honnêteté, nous n'avons pas voulu les classer dans la même catégorie que les autres. Encore une fois, aucune complaisance à leur égard dans cette remarque.
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0 #10 jilaliboualem 2011-06-14 17:58 Multi-citer Mohamed Salem:
As-salâmou alaykoum

Vous les appelez "grands hommes de science", mais êtes vous sûr qu'ils méritent cet attribut ? Chez les grands hommes de science, il y a cohérence entre le savoir et la pratique ; chez les hommes de science, on dit et l'on fait ce que doit, advienne que pourra ; chez les hommes de science, on ne dissocie pas la connaissance islamique et les choses de la vie. "Science sans concience n'est que ruine de l'âme" : jamais sentence n'a été aussi d'actualité.


Multi-citer Mohamed Salem:
As-salâmou alaykoum

Vous les appelez "grands hommes de science", mais êtes vous sûr qu'ils méritent cet attribut ? Chez les grands hommes de science, il y a cohérence entre le savoir et la pratique ; chez les hommes de science, on dit et l'on fait ce que doit, advienne que pourra ; chez les hommes de science, on ne dissocie pas la connaissance islamique et les choses de la vie. "Science sans concience n'est que ruine de l'âme" : jamais sentence n'a été aussi d'actualité.

Multi-citer Mohamed Salem:
As-salâmou alaykoum

Vous les appelez "grands hommes de science", mais êtes vous sûr qu'ils méritent cet attribut ? Chez les grands hommes de science, il y a cohérence entre le savoir et la pratique ; chez les hommes de science, on dit et l'on fait ce que doit, advienne que pourra ; chez les hommes de science, on ne dissocie pas la connaissance islamique et les choses de la vie. "Science sans concience n'est que ruine de l'âme" : jamais sentence n'a été aussi d'actualité.


J'ai déjà entendu cette maxime: "Science sans concience n'est que ruine de l'âme" dans une conférence sur Malik Bennabi.Ne serais tu pas Saddek Sellam lui même ?
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0 #9 jilaliboualem 2011-06-14 17:51 samlam alaikoum,

Sahbi, tu es naïf jusqu'au bout des ongles.
Est-ce- que nous musulmans on est représenté en France ? Toutes les grandes associations, en passant par la GMP de David "Boum"bakeur, c'est du pipo. Je dirais qu'on est trop, beaucoup trop représenté,( mais en mal), par ces organisations. Elles sont là pour nous diviser.
T'as ceux qui font la roqia et t'as les charlatans.
Ya Sahbi t'as tous ces "intellectomanes ", "colonisables" dans le seul souci est de faire de la "boulitique" comme disait M. Bennabi.
Et puis Sahbi, t'as aussi tous les autres instituts, écoles et universités qui n'ouvrent pas le bec parce que l'IFESSI est pour eux de la concurrence.
Ouallaho a'la oua a'lem.

Ouassalamou alaikoum.
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+1 #8 Muslim 2011-06-14 17:37 Assalamou aleykoumou wa rahmatouLlahi ta'ala wa barackatouhou

Vu le ton plaintif et exhalant de ci de là des vapeurs de rancunes nauséabondes je ne peux que me féliciter de n’avoir pris part en aucune sorte à cette affaire, car le terreau propice à de telles émanations ne peut pas être sain.

Si dans votre soi disant tête bien pensante, c’est de bruit et de gesticulations dont vous aviez besoin pour résoudre cette affaire, bruit et gesticulations apparemment en défaut, alors comment en êtes vous sorti ?

Si ce brouhaha tant espéré n’était destiné qu’a vous apporter satisfaction personnelle, alors vous n’êtes pas seulement naïf mais également orgueilleux. Et sachez que le bruit n’est pas synonyme de vie et le tambour dont le vide affreux génère ce bruit, que je sais désormais si apprécié, me servira ici de support.

Ce dont vous aviez besoin pour surmonter cette épreuve, vous en disposiez déjà, et les affaires des instituts quels qu’ils soient ne sont pas interrompues de même que le temps ne s’est suspendu.

Et qui vous a donc fait compte des éventuelles invocations en votre faveur, mais vu votre toupet vous devez être grandement sûr que ce compte est proche de zéro.

Il conviendra ici à toutes celles et à tous ceux à qui parviendrait votre diatribe de donneur de leçon de s’imaginer le Prophète (pbAsl) adressant ce genre de courrier, chez moi ça ne fonctionne pas…

Wa salamou.
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+3 #7 Jaja 2011-06-14 15:50 Salam Aleykoum,

Bravo pour votre persévérance, nous sommes beaucoup de jeunes musulmans à faire le même et triste constat : aucune solidarité et c'est pour ça que plus personne ne se gêne pour taper sur les musulmans, ils savent que personne ne réagira et ils ont bien raison, la preuve !
Je n'ai qu'une chose à dire "l'avenir est à nous", il va falloir arrêter de se plaindre un jour et prendre nous-mêmes nos droits car on n'est jamais mieux servis que par soi-même, exactement comme vous l'avez fait.
Qu'Allah nous guide sur la voie droite inchaAllah.
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+2 #6 Karimfrère 2011-06-14 15:44 Salam mon frère,
que fut longue l'attente afin d'arriver au terme de cette lettre " ouverte "…

J'ai senti ta sincérité lorsque le question du pardon fut abordé…quelle belle écriture…

Cependant, la plume qui compose doit elle même vivre et faire ce quelle écrit…

Ne serait-ce pas une erreur de ces institutions d'avoir marqué le silence ?

Enfin, l'IFESI est certainement un institut de bonne qualité…toutefoi s, il ne serait être la lanterne indispensable…de ce fait…humilité et mea-culpa obligent…

Qu'ALLAH apaise les coeurs…et qu'IL nous aide à avancer vers la sérénité…et non la querelle perpétuelle…

Karimfrère
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+2 #5 triki 2011-06-14 14:00 Salam alaykoum, je souhaiterais interroger l'auteur de l' article sur "la réouverture de l'ifesi" sur ma naiveté, cela fait 11 ans que le collège- lycée musulman "Réussite" existe et qu'il apermis la création et l'ouverture d'autres établissements privé musulman, et lorsque ce collège-ltcée est en voie de disparition certains soutien était inexistant dont celui des étudiants de l'ifesi, en résumé ce n'est pas une histoire de naiveté, mais juste un manque d'unité dans la oumma qui nuit à tous les musulmans. Citer
 
 
+1 #4 Mahbouba Merchaoui 2011-06-14 13:09 Assalamou 3alawkoum,

Non vous n'êtes pas naïf, seulement c'est "al-massalah". Vous n'êtes le premier ni le dernier malheureusement à remarquer que les valeurs éthiques du Coran sont que dans les livres, chez une minorité de musulmans et chez des gens qui sont encore "3ala al-fitra", qui respectent les valeurs éthiques. Je vous parle de mon expérience, combien de fois je suis lésée par des responsables musulmans, dont des directeurs d'instituts islamiques tout simplement je dis ce que je pense quand des étudiants trichent dans les examens, par exemple ou quand ils manquent de respect aux profs. Dans d'autres institutions il n'y a aucun respect des responsables à la morale islamique.
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