Comment Le figaro magazine alimente l'islamophobie
Écrit par Ilyess   
Lundi, 18 Avril 2011 14:47

L'UAM-93 a recu, à travers son site, un courrier de Thomas un salarié dans une librairie musulmane de la région parisienne. Il dénonce des pratiques qui font honte au métier de journalisme. Nous publions l'article tel que nous l'avons recu.

Salam alikoum,
 
Je vous contacte car j’ai remarqué votre intérêt pour les affaires des musulmans. Le figaro magazine a fait un article enquête sur l’islam radical et j’y parais malgré moi, afin de dénoncer leur procédé je vais vous raconter ce qui s’est passé avec les deux journalistes du figaro :
  
Jeudi 29/10/2009 juste avant la prière du Maghreb deux femmes sont entrées dans la librairie où je travaille. La première de type européenne avait revêtu une espèce d'écharpe, qu’elle avait mise sur sa tête pour que ça ressemble à un hijab mais vraiment pas crédible, la deuxième de type maghrébine était en buggy.
 
Je les ai remarqué rapidement car elles avaient un comportement étrange, elles regardaient tout ce qui se passait, elles avaient l’air mal à l’aise.
 
Etant à côté de la mosquée j’ai la chance de pouvoir fermer pour chaque prière, donc au moment de la prière j'informe les clientes de la fermeture du magasin pour quelques minutes, étonnées elles me disent : on fait quoi on vous attend là ?. Je leur réponds qu’il y a une salle de prière pour les femmes dans la mosquée qu’elles peuvent s’y rendre que la librairie ouvrira à nouveau dans 10 minutes.
 
Elles sortent et s’installent dans leur voiture immatriculée ....... (Matricule retiré par le webmaster du site).
 
Apres la prière, elles reviennent, puis viennent au comptoir et achètent un petit livre sur le hijab, puis retournent dans les rayons. Quelques minutes après elles reviennent à la caisse et me disent "on a une question à vous poser depuis tout à l’heure, mais on n’ose pas le faire" puis elles me disent "peut-on photographier vos livres?"
 
Etonné, je leur demande la raison, elles m'informent qu’elles sont deux journalistes indépendantes qui réalisent un reportage sur la communauté musulmane, afin de montrer le vrai visage des musulmans qui sont stigmatisés depuis quelques mois avec tout ces polémiques sur le niqab.
 
Je leur réponds que jusqu’à présent aucun journaliste n'a cherché à défendre les musulmans mais que tous s’activent à nous descendre et qu’ainsi je ne veux pas participer à leur article, ni y mêler mon magasin qui est un lieu de travail, ni y mêler ma personne, mon nom ou mon image.
 
Elles insistent pour photographier quelques livres je leur donne l’autorisation de prendre quelques livres en photo (livre pour enfant intitulé Jésus... pensant à tort que ca puisse faire Dawa) et j’insiste bien sur le fait que jamais mon nom ou celui du magasin ne doivent apparaitre.
 
M'adressant à la journaliste de type arabe, je lui demande sa confession, elle me dit mon père est imam, je lui réponds je ne vous demande pas à propos de votre père mais de vous, parce que moi mon père fait de la guitare à l’église, ma mère enseigne le catéchisme, mon frère est au séminaire pour devenir prêtre et j’ai grandi dans un presbytère et pourtant je suis musulman.
 
La journaliste française me dit qu’elle est chrétienne pratiquante, je lui dis que je me suis converti suite à la lecture d’un passage de la bible informant de la venue de Mohamed Alayi salat wa salam, chapitre intitulé le paraclet dans l’évangile de Jean, elle me demande  quelle était la réaction de mes parents, je lui dis qu’ils ne me parlent plus pour le moment.
 
L’heure de la Isha arrivant je ferme le magasin elles me disent avant de partir nous aimerions bien revenir pour vous interviewer car votre parcours est intéressant, je leur dis je ne veux pas participer à un article, ni que mon nom, mon image ou mon magasin y soit mêlé, elles me disent qu’elles repasseront quand elles pourront puis s’en vont.
 
Quelques jours plus tard un ami vient me voir au magasin et me dit "c’est toi le thomas du figaro..." je vais sur le net et choqué je constate qu’effectivement on parle de moi dans le figaro.
 
Pire encore un ami vient le magasine entre ses mains et page 56 je suis pris en photo au comptoir avec en gros plan sur le meuble principal du magasin où sont exposés les livres.
 
Passons à l’article lui-même, il est inscrit sous la photo "...ouvrages d’idéologues salafistes côtoient le coran, les titres sont multiples le message unique, celui d'une doctrine radical..." en regardant bien la photo on peut voir que ces livres désignés comme "salafiste" sont sahih al bukhary, puis à coté al muwatta de l’imam Malik; puis sahih muslim, puis des dictionnaire arabe français abdelnur et Larousse, la voie du musulman d’abou bakr al djaizair... A l’étage du dessous, 40 hadiths sur l’éducation des enfants, les 40 hadiths de l’imam Nawawi et autres livres traitant de la croyance et de la prière... Bref que des livres de référence sunnite et absolument pas sectaire.
 
Le titre du magazine est "Enquête sur l’islam radical" donc me voici catalogué comme membre de l’islam radical, alors que jamais moi ou mon magasin ne nous sommes revendiqué ou avons appelé à une mouvance particulière, au contraire je suis un musulman sunnite, appartenant à la tendance majoritaire et non à une secte de l’islam quelle qu'elle soit, en parcourant les pages du journal on comprend qu’ils parlent des "salafistes" or jamais je ne me suis revendiqué "salafiste" et jamais mon magasin a été un relais de cette tendance, je vends des livres sur lesquels tout sunnite est en accord, et je vends des vêtements pour homme et femme tel que des djellabas, des hijab, des abbaya... tenues traditionnelles musulmanes qui sont tout à fait licite en France, de plus mes livres ont un ISBN ils sont donc licite a la vente.
 
Page 58 premier paragraphe, il est dit "Thomas ne lève pas les yeux de son Coran..." déjà lire le coran n’est pas un crime ou quelque chose de comdamner par la loi et de plus ceci est faux je ne lis pas le coran quand je suis au comptoir, cette phrase est un mensonge qui a pour but de créer une ambiance, un climat pour faire peur au lecteur.
 
Ensuite " j’ai un GROS arrivage en provenance d’arabie saoudite..." je suis ouvert depuis février de cette année et jamais je n’ai acheté de marchandise provenant d’arabie saoudite, ce mensonge a pour but de faire un amalgame entre moi et l’arabie saoudite afin de sous-entendre l’influence de ce pays sur ce magasin, ce pays à réputation "wahhabite" comme ils disent, de plus "GROS ARRIVAGE" que signifie cela, mon magasin fait 50m2 et se trouve dans une petite rue où il y a peu de passage donc que cherchent elles par ce mot "gros" ???
 
"Dans le rayon les jeunes barbus s’installent" stéréotype jeune et barbus, or le magasin est fréquenté par une clientèle large et variée, d’ailleurs la journaliste "Axelle" a été interpellée par un client d’une cinquantaine d’année, bien rasé avec une moustache qui lui a dit "madame l’islam c’est la paix..."
 
"Thomas, le gérant, 26ans..." je ne leur ai jamais dit mon âge, ni mon statut dans la société... elles ont donc dû faire une recherche sur société.com pour prendre ces infos et les divulguer, ensuite elles citent la discussion que j’ai eue avec elles au sujet de ma famille, discussion privé que je n’ai jamais souhaité publier.
 
"Il a lu la bible, la torah et le coran, aucun doute pour lui la vérité ne se trouve que dans ce dernier" je n’ai jamais lu la torah, je n’ai jamais dit cette phrase, ni dit que la vérité se trouve que dans ce dernier, même si c’est ma conviction.
 
Puis elles me citent comme quoi mon cœur ne leur est pas fermé, ... et que je ne renoncerai pas à ma foi (parlant de mes parents) cette phrase est fausse, je ne l’ai jamais dite.
 
En conclusion je suis lésé a plusieurs niveaux :

  1. Ma photo est diffusée sans mon autorisation, la discussion qu’on a eue est publiée sans mon autorisation et en plus rempli de mensonges à mon sujet.
  2. On m’a fait appartenir malgré moi a "l'islam radical" et au "salafisme" alors que jamais je n’ai prétendu à cela.
  3. On fait de mon lieu de travail, de mon gagne-pain un centre prêchant l’islam "radical" alors qu’il n’en est rien.
  4. Etant converti, les relations familiales sont déjà suffisamment difficiles, donc un article parlant de moi dans le journal préféré de mes grands-parents me met dans une situation vraiment gênante.
  5. Dans ma vie social et professionnelle cela peut avoir des répercussions graves, et peut même être la cause de contrôle de la part de la mairie ou autre institution de l'état afin de me faire fermer pensant que je puisse prêcher une idéologie jugée dangereuse pour l’état... 

Trahis par ces deux journalistes, je suis prêt à aller jusqu’au bout, n’ayant pas l’habitude d’avoir à faire à eux j’ai fait l’erreur de parler avec elles sans avoir pu imaginer une seule seconde que cette discussion puisse être publiée, et qu’elles auraient le culot de me prendre en photo et de m'assimiler a une secte.
 
BarakAllahu fikoum pour votre aide.
 
Thomas
L'article incriminé est paru dans Le Figaro magazine du 7 novembre 2009, p.56 et 58

 

 

 

Commentaires  

 
+2 #21 beny 2011-04-22 14:33 Marc, relis bien l'article, il s'agit bien de oct2009.(toujours un agent du "mossad" pr nous casser;En tout cas les journalistes ont actuellement en france une tres mauvaise reputation d'incredibilité et de menteurs, reconnue par les medias eux meme… Citer
 
 
+2 #20 steeve 2011-04-21 18:04 Il s'agit du jeudi 29/10 de 2009 quelques jours avant la publication de l'article …

Multi-citer Loirt:
Le 29/10/2010 c'était un vendredi..
Citer
 
 
+4 #19 Wrestler 2011-04-21 16:55 Ayant eu à maintes reprises à faire avec des journaleux, et ce dans un tout autre domaine, les seuls conseils que je puisse donner sont: refuser tout contact avec eux, décliner les offres d'interview, ne donnez pas l'autorisation de filmer ou de photographier, ne répondez à aucune question en répétant des phrases du style "je ne vous dirais rien car vous déformerez mes propos" "je refuse de vous répondre car nous savons vous et moi que vous allez déformer mes propos" "tout le monde sait que les journalistes français sont des menteurs" "je ne vous aiderai pas a fabriquer un article qui va raconter n'importe quoi" "je ne répond qu'aux journalistes étrangers car eux, ils sont honnêtes" etc Citer
 
 
+1 #18 Loirt 2011-04-21 14:35 Le 29/10/2010 c'était un vendredi.. Citer
 
 
-3 #17 Marc 2011-04-21 14:31 Des journalistes qui se pointent en octobre 2010 pour écrire un article en novembre 2009, je dis bravo. Il y a des naïfs partout, malheureusement , des gens prêts à écouter n'importe quoi, n'importe qui, même ici. Citer
 
 
+3 #16 thomas 2011-04-21 08:47 salam alikoum,

barakAllahu fikoum pour vos interventions, pour la reference c est evangile de jean chapitre 14 16 la promesse de l esprit, les dernieres lignes.

Mon courrier date de longtemps je ne pensais pas le voir subitement publié, j espere que cela en fera reflechir certains.

Je pense qu il serait judicieux d effacer la plaque d immatriculation et le nom de la journaliste en question.
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+8 #15 Warda 2011-04-21 02:38 Plus que les autres, je suis consternée par ce message parce que je suis journaliste indépendante. Ce type de personnes portent gravement atteinte à cette belle profession ! Dites à Thomas qu'il a de nombreux récours (droit à l'image etc), les journalistes sont censés avoir une déontologie, il y a des commissions qui travaillent dessus. Citer
 
 
+5 #14 Colette Friedlander 2011-04-20 19:21 Bonjour,

Merci d'avoir attiré mon attention sur cet article du Figaro-Magazine. Ci-dessous le commentaire que je viens de poster sur le site de ce périodique :

J'habite depuis dix ans ce fameux quartier du XVIIIe arrondissement où l'on prie dans la rue le vendredi. Je suis outrée par les contre-vérités que véhicule votre article. Chez nous la rue est à tout le monde (précision : je suis une femme non musulmane), la charcuterie "Au cochon d'or", un marchand de vin et un restaurant cacher voisinent avec les boucheries hallal et on sert de l'alcool aux terrasses des cafés.

Et si je ressens de l'exaspération et de l'inquiétude, c'est du fait des constantes incitations à la psychose islamophobe véhiculées par les médias. Oui, je suis inquiète pour mes amis et voisins musulmans, parfaitement tolérants et républicains, pour tous les jeunes diplômés et entrepreneurs talentueux et tout simplement pour les classes moyennes bien intégrées "issues de l'immigration" algérienne, marocaine, tunisienne ou sub-saharienne dont les journalistes ne se donnent guère la peine de parler. Je suis inquiète pour notre pays, qui aurait besoin de s'unir pour faire face à la crise et où la suspicion et la division sont alimentées par des politiques irresponsables.

La République aurait-elle quelque chose à craindre des musulmans (8% de la population) dont une minorité seulement est pratiquante, alors qu'elle a su résister jadis à la volonté d'hégémonie de l'Eglise catholique, adversaire autrement redoutable ?

Pour les commentaires de Thomas, le libraire cité dans l'article, voir :

www.uam93.com/news/comment-le-figaro-magazine-allimente-lislamophobie.html
Cordialement,
Colette Friedlander
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+5 #13 pancho93 2011-04-20 18:15 il faudrait à mon sens un boycott unanime de la oumma des medias car ils emploient toujours le meme proceder et abusent de notre ouverture d'esprit à mauvais escient fesont par consequent comme les lihouds.
le musulman ne se fait pas avoir deux fois…
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+5 #12 Samy 2011-04-20 18:03 Salamaleykm, vraiment je suis choqué mais pas vraiment surpris de leur démarche, j'encoirage vraiment notre frère Thomas, je compatie a la deception qu'il peut avoir quant a la difamation qui lui a été faite surtt pr sa famille. J'encourage a poursuivre en justice ces soit disant journalistes sans scrupule et jespere vraiment que quelqun lui viendra en aide au niveau judiciaire.
Soit patient, Que Dieu (swt) nous guide vers le droit chemin.
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